Art de la parole / «Ghriba» : De l'authenticité et de l'ancestralité

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Imaginaire. Produit par la coopérative «Praxis» de Miliana, «Ghriba» rend en couleurs comme en beauté et en poésie, un hommage au patrimoine oral berbère notamment en présence d'un narrateur
qui relate les faits après chaque scène.


Le 25 août dernier, Leïla Touchi, comédienne et metteur en scène, a présenté, aux côtés de l'auteur Ahmed Zitouni, à la placette de Kettani à Bab El-Oued, un spectacle de rue intitulé «Ghriba» relevant de l'art de la parole et adaptée du légendaire conte berbère «Inouva».
Fort du succès de cette représentation qui, faite d'authenticité et ancré dans l'ancestralité, à forte charge poétique et onirique, fait appel aux mythes et légendes puisés dans l'imaginaire collectif berbère, les deux comédiens se sont envolés pour la France où ils ont interprété ce conte, à raison de quatre spectacles à la 69e édition du Festival international de théâtre de rue et des arts de la rue d'Aurillac.
Le conte, qui raconte une époque lointaine, où le réel se confond de façon spectaculaire à l'irréel, où les animaux avaient le don de la parole et communiquaient avec les hommes, met en scène une jeune fille d'une grande beauté, aux cheveux longs et soyeux qui porte des bijoux berbères. Elle rend visite à son grand-père, quotidiennement, afin de l'aider et de lui tenir compagnie.
A cause de l'ogre qui rôde autour du village, Ghriba, doit faire sonner ses bracelets, et chanter la chanson Avava Inouva (un conte adaptée en chanson par Idir) pour que son grand-père n'ouvre la porte qu'à elle, se tenant derrière la porte, l'ogre à découvert leur mot de passe, il essaie alors d'employer tous les moyens pour leurrer le grand-père et le dévorer.
Produit par la coopérative «Praxis» de Miliana, ce spectacle rend en couleurs comme en beauté et en poésie hommage au patrimoine oral berbère notamment en présence d'un narrateur qui relate les faits après chaque scène.
Sur son compte Facebook, Leïla Touchi, qui a posté plusieurs photos de son spectacle durant ce festival, indique : «J'ai tellement appris de cette expérience ! Sur tous les plans ! Professionnel et humain ! Je suis fière et chanceuse d'avoir participé cette année !».
Et à propos de sa représentation à la placette de Kettani, Leïla Touchi, qui a fait sa formation au conservatoire d'Alger et aussi plusieurs stages d'actorat pendant des festivals professionnels comme le festival d'Avignon en 2016, déclare : «Jouer à Bab El-Oued c'est juste un bonheur, un public que j'aime beaucoup, J'ai l'habitude de jouer là-bas du théâtre de rue et à chaque fois ça se passe super bien.
Et pour le festival, ça s'est très bien passé, une expérience enrichissante. Tout le monde était content de voir une compagnie algérienne et nous ça nous a fait vraiment plaisir de participer avec un conte algérien. Le plus beau dans cette expérience c'est que 50% des spectateurs connaissent la chanson du grand Idir, donc ils étaient contents de connaître l'histoire. Je suis très heureuse aussi de faire cette expérience avec mon ami Ahmed Zitouni. J'ai été surtout fière de partager notre culture avec les autres.»
Yacine Idjer