Festival international du cinéma d’Alger : Intérêt pour le documentaire engagé

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Format - Les documentaires et reportages télévisés en compétition pour le grand prix du 8e Festival international du cinéma d’Alger (Fica) suscitent l’intérêt du public, peu nombreux, avec des sujets sur les luttes altermondialistes et des portraits de militants humanistes.


Se poursuivant jusqu'à vendredi, ce festival dédié au film engagé propose, depuis son ouverture vendredi, une sélection de huit documentaires, majoritairement des travaux télévisés, sur les luttes et des figures militantes des années 1970 et 1980. La sélection a présenté des œuvres comme «On revient de loin» du Français Pierre Carles sur les réformes économiques en Equateur, ou encore «Molenbeek, génération radicale ?» coréalisé par l'Algérien Chergui Kharroubi et le
Belge José-Lui Penafuerte, seuls documentaires à être au cœur de l’actualité internationale. Plusieurs portraits de militants humanistes sont également proposés au public à l'instar de «Tes cheveux démêlés cachent une guerre de sept ans» de l'Algérienne Fatima Sissani, «Jean-Jacques de Félice, la passion de la justice» du Français Mehdi Lallaoui, «Kemtiyu Cheikh Anta» du Sénégalais Ousmane William Mbaye, ou encore «Jean Ziegler, l’optimisme de la volonté» du Suisse Nicolas Wadimoff. De l'avis des observateurs, la sélection documentaire de cette 8e édition, qui s'est contentée de films libres de droits pour des raisons budgétaires, ainsi que l'affirme l'organisateur, est d'un «niveau faible» et «éloignée de l'actualité» mondiale, comparativement aux précédentes éditions. Même si le public ne répond que très timidement à l'appel des salles obscures, les organisateurs ont sélectionné des longs métrages de fiction de meilleur facture que les documentaires, jugent les observateurs, avec la projection de «A United Kingdom» de la Britannique Amma Asante, inspiré de l'engagement du couple Seretse Khamaet, héritier du trône du Botswana, et son épouse anglaise Ruth Williams, qui ont conduit à l'indépendance de ce pays, et «La forêt du Niolo», une fiction écologiste du Burkinabé Adama Roamba.Considéré comme la forme d'expression cinématographique la plus accessible, surtout en matière de film engagé, le court métrage fait en 2017 son entrée dans la programmation du Fica qui a consacré une «fenêtre» sur une sélection de six œuvres dont trois algériennes. «Stolen cameras», coproduit par les Suédois Média Equipe et Ra Film, raconte en 18 minutes le black-out médiatique imposé aux Sahraouis dans les territoires occupés. Ce thème a également été abordé par le réalisateur Rabah Slimani dans son film «Salmeene», à travers le portrait d'un jeune artiste sahraoui qui a trouvé dans le rap le moyen d'exprimer les souffrances endurées par le peuple du Sahara occidental qui refuse de vivre sous le joug de l'occupant.
Les droits des réfugiés en Europe, qui nourrissent l'essentiel de l'actualité internationale depuis quelques années, est le thème également traité par la caméra de la réalisatrice espagnole Paula Palacios, qui a suivi le quotidien de Halimo, une jeune Somalienne qui a fui la famine et la guerre qui ravage son pays pour se réfugier en Autriche. Les projections de courts métrages ont attiré beaucoup de spectateurs, essentiellement des étudiants de l'Ecole des Beaux-arts, au contraire des séances programmées en après-midi et en soirée qui se sont déroulées, jusque-là, devant un public épars.
R. C.