Elle a sonné le glas pour le «califat», ouvert les portes à Trump, fait miroiter des espoirs aux Catalans… / 2017 : une année riche en rebondissements

Partagez cet article
FaceBook  Twitter     
Ebullition, escalade, séisme…


Evénements - De l'investiture de Donald Trump aux catastrophes climatiques, en passant par la crise catalane ou les tirs de missiles nord-coréens, rappel des moments-clés ayant marqué l'année 2017.


- Une année Trump : le 20 janvier, le milliardaire républicain Donald Trump, 70 ans, devient président des Etats-Unis avec pour slogan : «l'Amérique d'abord», mais les soupçons de collusion avec la Russie empoisonnent son début de mandat. A coups de tweets matinaux, il s'attache à défaire le bilan de son prédécesseur démocrate Barack Obama, quittant ou menaçant de quitter plusieurs accords internationaux (libre-échange, climat, immigration, santé, Unesco). Le 6 décembre, nouvelle rupture : il reconnaît Jérusalem comme la capitale d'Israël, suscitant une onde de choc à travers le monde.
- Début du Brexit : le 29 mars, Londres lance la procédure de sortie de l'Union européenne, neuf mois après un référendum qui a divisé le pays. Le 8 juin, la Première ministre conservatrice, Theresa May, espérant renforcer sa position au Parlement, convoque des législatives anticipées. Mais sa majorité en sort affaiblie. Après des mois de discussions, le 8 décembre, Bruxelles et Londres s'accordent sur les modalités de leur divorce, ouvrant la voie à des discussions commerciales.
- Séisme politique en
France : le 7 mai, le centriste pro-européen Emmanuel Macron, 39 ans, remporte largement la présidentielle face à la candidate d'extrême droite Marine Le Pen. A la tête de son mouvement «En Marche !», créé un an auparavant, il écarte pour la première fois de l'Elysée les deux grands partis de gouvernement, le Parti socialiste et Les Républicains.
- Le Moyen-Orient en ébullition : le 5 juin, Riyad et ses alliés rompent leurs relations avec le Qatar, l'accusant de soutenir des groupes islamistes radicaux et d'être trop proche de l'Iran chiite, grand rival régional de l'Arabie Saoudite sunnite. En novembre, la démission (retirée depuis) du Premier ministre libanais Saad Hariri, qui, de Riyad, accuse l'Iran d'ingérence, accroît les tensions entre l'Arabie Saoudite et l'Iran. Riyad voit aussi la main de Téhéran derrière la rébellion des Houthis au Yémen, ce que l'Iran dément.
- Naufrage économique au Venezuela : le 30 juillet, une Assemblée constituante, dotée de pouvoirs illimités et boycottée par l'opposition, est élue après quatre mois de violentes manifestations. Elle révoque la procureure générale Luisa Ortega, farouche adversaire du président Nicolas Maduro, puis s'arroge les pouvoirs du Parlement. Le pays, ruiné par l'effondrement des cours du brut, est considéré comme étant en défaut de paiement partiel.
-Pyongyang - l'escalade : le 3 septembre, la Corée du Nord, qui a multiplié les tirs de missiles, mène son sixième essai nucléaire, le plus puissant à ce jour. Fin novembre, le dirigeant Kim Jong-un déclare que son pays est devenu un Etat nucléaire après avoir testé avec succès un nouveau type de missile capable de frapper n'importe où aux Etats-Unis. Donald Trump menace de «détruire totalement» la Corée du Nord en cas d'attaque. R. I. /Agences

L'EI défait, mais pas éradiqué

n En Irak, le 9 décembre, Bagdad annonce la victoire sur le groupe Etat islamique (EI) mais, selon des militaires, l'organisation jihadiste représente toujours une menace pour ce pays. En Syrie, si l'EI a aussi perdu la majeure partie du territoire conquis, il est revenu début décembre dans la province d'Idleb (nord-ouest). Outre ces deux pays, de nombreux pays, de l'Egypte à la Grande-Bretagne, ont de nouveau été frappés cette année par des attentats sanglants de l'EI.

Climat : des signaux alarmants

n Deux ans après la signature de l'accord de Paris pour lutter contre le réchauffement de la planète, 2017, marquée par l'annonce, le 1er juin, du retrait américain de ce traité, a connu aux quatre coins du globe une série de catastrophes climatiques (ouragans, incendies) et devrait compter parmi les trois années les plus chaudes jamais recensées.

Rohingyas : «épuration ethnique»

Après des attaques, fin août, contre des postes de police birmans, l'armée riposte avec des raids sur des villages rohingyas. Plus de 640 000 membres de cette minorité musulmane de Birmanie ont depuis fui au Bangladesh. L'ONU dénonce une «épuration ethnique». Le Haut-Commissaire aux droits de l'Homme évoque des «éléments de génocide».

Weinstein : l'onde de choc

n Le 5 octobre, le tout-puissant producteur hollywoodien Harvey Weinstein est accusé de harcèlement sexuel par plusieurs femmes. Dans la foulée du scandale, les accusations d'agressions sexuelles, harcèlements ou viols se multiplient dans de nombreux pays, touchant, outre le cinéma, les médias et la politique.

La Catalogne sous tutelle

n Le 1er octobre, un référendum sur l'indépendance en Catalogne est organisé en dépit de son interdiction par la justice espagnole. Le 27, le Parlement catalan proclame unilatéralement l'indépendance. Madrid place la région sous tutelle, destituant le gouvernement régional et dissolvant leParlement pour convoquer de nouvelles élections régionales. Le président catalan destitué, Carles Puigdemont, se réfugie à Bruxelles pour échapper aux poursuites judiciaires.


Effondrement du «califat»


Défaite -  L'année 2017 a vu s'effondrer le «califat» du groupe Etat islamique (EI) au terme d'offensives antijihadistes d'envergure, mais l'Irak et la Syrie restent confrontés à de périlleux défis avec des villes en ruine et une menace extrémiste persistante.

Trois ans après sa fulgurante montée en puissance et la conquête d'un territoire vaste comme l'Italie, le groupe ultraradical a été défait en Irak et se retrouve acculé en Syrie voisine. Soumis à un déluge de bombardements aériens des Etats-Unis et de la Russie, les jihadistes ont perdu en 2017 les «capitales» de leur proto-Etat : Mossoul, en Irak, et Raqqa, en Syrie.
En décembre, le Premier ministre irakien, Haider Al-Abadi, a annoncé «la fin de la guerre» contre l'EI, assurant que pour la première fois en quatre ans l'organisation ne contrôlait plus aucun territoire significatif en Irak.
Le régime de Damas pourrait faire prochainement une annonce similaire. Les jihadistes ne contrôlent plus aujourd'hui que quelques villages dans l'Est syrien, des poches désertiques dans le Centre et deux quartiers périphériques de la capitale Damas.
Auteur d'atrocités qui ont coûté la vie à des milliers de personnes en Irak et en Syrie, l'EI a aussi revendiqué une série d'attentats sanglants dans le monde, notamment en plein de cœur de Paris, Las Vegas (Etats-Unis) et Istanbul. En Irak, l'Occident a apporté un soutien infaillible à M. Al-Abadi, qui sort renforcé au terme de trois ans d'une guerre ardue contre les jihadistes. L'offensive contre l'EI, appuyée par une coalition internationale antijihadistes emmenée par Washington, a surtout permis de redorer le blason de l'armée irakienne, qui en 2014 avait battu en retraite à Mossoul face aux jihadistes. Une défaite cinglante qui avait traumatisé le pays.
Mais si l'EI a perdu tout contrôle territorial en Irak, ses combattants restent à l'affût après avoir renoué avec la clandestinité, se terrant dans les canyons du désert occidental d'Al-Anbar. «D'un point de vue militaire, l'EI est fini, mais le groupe reste une organisation terroriste», met en garde Ahmed Al-Assadi, un commandant des unités paramilitaires du Hachd Al-Chaabi, une force alliée de Bagdad et formée en 2014 pour contrer la progression de l'EI. «Nous devons rester en état d'alerte permanent», souligne-t-il. Le futur statut de ces forces, dominées par de puissantes milices chiites, certaines parrainées par Téhéran, représentera un défi de taille pour l'Irak. Les autorités, dominées par la communauté chiite, vont aussi devoir s'atteler à l'immense tâche de reconstruire les villes sunnites ravagées par les offensives anti-EI : Mossoul, deuxième ville du pays, qui n'est plus qu'un champ de ruines et de désolation, mais aussi Ramadi (centre), Sinjar (nord), Fallouja (centre). Tout échec dans la reconstruction pourrait raviver des tensions confessionnelles et offrir aux combattants sunnites de l'EI une opportunité en or pour un retour en force.

Régime Al-Assad renforcé

n En Syrie aussi, la menace jihadiste persiste, dans un pays ravagé depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 340 000 morts. Grâce au soutien militaire de Moscou, le régime du président syrien Bachar Al-Assad a réussi, ces derniers mois, à reconquérir plus de la moitié du territoire, multipliant les victoires face aux rebelles qui contestaient son pouvoir et aux jihadistes.
Damas n'a jamais caché son intention de reconquérir tout le pays et de nombreux experts craignent que des affrontements n'éclatent avec la minorité kurde, fer de lance de la lutte contre l'EI, qui a profité du conflit pour gagner une autonomie de facto sur ses territoires dans le nord du pays.
D'ailleurs lundi, Bachar Al-Assad, lors de l'attaque la plus virulente lancée par le régime contre les milices kurdes à ce jour, a qualifié de «traîtres» ces groupes soutenus par les Etats-Unis.
Pour Aymenn Al-Tamimi, expert des mouvements jihadistes, l'EI pourrait se maintenir en Syrie et en Irak sous la forme d'une «force insurrectionnelle». «Un sérieux problème serait l'instauration d'un nouveau vide sécuritaire, par exemple si le régime et les Forces démocratiques kurdes (coalition kurdo-arabe) se font la guerre», souligne-t-il.

Justice  post-conflit,  un grand défi

Outre la reconstruction, la justice post-conflit constitue un défi de taille alors que «des milliers de personnes sont toujours en détention», selon le directeur régional adjoint pour le Proche et le Moyen-Orient du CICR, Patrick Hamilton. «La manière dont elles sont traitées et dont justice sera faite seront cruciales pour établir une paix durable ou au contraire nourrir un nouveau cycle de violences», met-il en garde.

Une page sera tournée

n Le camp Boakai ne s'avoue pas vaincu... Le candidat a mis en garde les jeunes contre «l'erreur» d'un vote en faveur de Weah : «Nous devons nous assurer que les jeunes seront formés et en mesure de transformer leur vie.»
Ce dimanche, il devrait à son tour réunir ses partisans. Cette élection tournera en tout état de cause une page dans l'histoire nationale. Car ni George Weah ni Joseph Boakai n'appartiennent à l'élite «américano-libérienne», issue d'esclaves affranchis qui a dominé la plus ancienne République d'Afrique depuis sa création, à l'exception de la présidence de Samuel Doe (1980-1990).

Calme progressif

N'empêche que dans plusieurs régions de Syrie le conflit a baissé en intensité, grâce à des «zones de désescalade» négociées par les parrains internationaux des belligérants pour instaurer des cessez-le-feu durables. Mais l'existence de ces accords n'empêche pas le pouvoir de Damas de bombarder régulièrement ces zones, faisant des dizaines de morts parmi les civils. En Syrie comme en Irak, les autorités sont confrontées à une crise humanitaire colossale. Plus de la moitié des 22 millions de Syriens ont été jetés sur les routes de l'exil tandis que trois millions d'Irakiens sont toujours déplacés. En Syrie, «si certaines zones sont devenues plus sûres cette année, des combats ont éclaté dans d'autres, entraînant d'importantes vagues de déplacement», souligne Ingy Sedky, porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Et en Irak, 11 millions de personnes ont besoin d'aide humanitaire.

Zimbabwe : Mugabe tombe

n Le 21 novembre, Robert Mugabe, 93 ans, démissionne après 37 ans de règne, lâché par les militaires et son propre parti. Il est poussé vers la sortie après un coup de force de l'armée, provoqué par le limogeage de son vice-président Emmerson Mnangagwa. Ce dernier lui succède.