Nos ancêtres ont bien des choses à nous apprendre sur le sujet : Vivre est un art et le bonheur n’a pas de recette

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Rien ne reste  en l'état



Paradoxe - Alors qu’ils n’avaient presque rien dans leurs assiettes, ils ne tombaient jamais malades, ou rarement, et nous qui avons presque tout aujourd’hui, nous attrappons toutes sortes de maladies.


C’est vrai, le monde a changé et il continue encore de changer et cela dans tous les domaines. Un vieux chauffeur routier âgé à époque de 73 ans avait une formule qu’il ne se lassait jamais de répéter et qui était l’expression d’une évidence aveuglante.
«La hal idoum ala halo», autrement dit les choses ne restent jamais en l’état.
Ce qui était valable il y a 20 ans ne l’est plus aujourd’hui et quand il existe ou a cours il est souvent dépassé ou hors d’usage donc hors jeu.
Il y a un siècle dans notre pays , c’est à dire il n’y a pas si longtemps, dans les années 1900 les algériens n’étaient ni pauvres ni riches et n’excédaient pas les 6 millions d’habitants.
Leur mode de vie était simple et tournait autour de la cellule familiale qui n’était, elle, du douar ou de la dechra.
Aujourd’hui, nous nous demandons et nous nous posons cette perpétuelle question :
alors qu’ils n’avaient presque rien dans leurs assiettes, ils ne tombaient jamais malades, ou rarement, et nous qui avons presque tout aujourd’hui dans nos assiettes, de la soupe au fromage en passant par les grillades et les tajines, nous attrappons toutes sortes de maladies : le diabète, le cholestérol, la tension, l’hépatite, la tuberculose, l’arthrose et le cancer. Nos maladies viennent de notre appétit, de notre nutrition débridée qui ne connait pas de limite.
C’est précisément leur pauvreté qui les a épargnés de tous ces fléaux et autant que l’on se souvienne de ce que nos parents nous on raconté sur leurs parents, leurs repas étaient frugaux, sans excès. Ils mangeaient à leur faim sans torturer leur estomac. Et pourtant leur alimentation était simple et était préparée à base de légumes frais, de lait, de potage et de couscous.
Cerise sur le gâteau : leur environnement, qu’ils habitent la ville ou la campagne, étai sain : Pas de fumée d’usine, pas d’ordures entassées ça et là en monceaux au bord des trottoirs. Leur eau était pure et n’avait pas besoin de chlore pour être distillée. L’ait était pur parce que leur environnement n’avait pas été détraqué par le gaz carbonique des voitures et des camions, des nuisances qui n’existaient pas.
Leur vue était quasiment parfaite.
Pas de télé, pas de micro, pas d’écran de cinéma.
Ils soupaient pratiquement au crépuscule et dormaient après la prière du «icha».
Leur sommeil n’était perturbé ni par une brulure d’estomac ni par un excès de nourriture.


Un modèle de vie extrêmement simple

Dynamisme - Alors que le jour n’avait pas encore pointé son nez, les papys que rien ne décourage ni le vent, ni le soleil, ni la pluie sont déjà sur place, la bêche ou la faucille à la main et le dos courbé, se démenant comme de beaux diables.


Nos aïeux, c’est-à-dire les arrières-grands-parents de nos grands-pères, se contentaient de peu et s’habillaient avec très peu. Djellabas ou burnous, ils étaient à l’aise dans leur accoutrements surtout s’ils portaient un fez, ce pantalon bouffon avec plis et que l’aucuns appellent «biskri». Le stress était étranger et pour cause :
ils n’avaient ni coups de fil à attendre, ni fax à épier, ni fournisseurs à craindre, quand les factures gonflaient.
Tout ce qu’ils espéraient était de voir le facteur tendre une enveloppe de leur fils en France ou a l’armée ou la visite d’un proche au détour de la rue.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, leurs journées étaient bien remplies et n’avaient rien d’une farniente. La plupart d’entre eux étaient employés dans l’agriculture, dans l’élevage ou dans le commerce.
Pour les travailleurs des champs c’est à l’aube qu’ils se levaient, bien avant la prière du «fadjr».
Quelques uns se regroupaient dans la petite mosquée ou la «massala» du village pour la prière collective.
Alors que le jour n’avait pas encore pointé son nez, les papys, que rien ne décourage ni le vent, ni le soleil, ni la pluie, sont déjà sur place, la bêche ou la faucille à la main et le dos courbé, se démenant comme de beaux diables. Ils jetaient dans les travaux des champs tout ce qu’ils possédaient ou ce qu’il leur restait comme force pour avancer le boulot sans tenir compte du nombre d’heures passées à défricher, sécher, foisonner, couper, désherber ou arracher.
Ils considéraient qu’un travail ne compte que par sa qualité et non pas le nombre heures calculées en fonction de la présence entre les sillons.
C’est vers 9h, quand le soleil commençait à chauffer les voutes du ciel, qu’ils prenaient enfin leur petit-déjeuner en groupe.
Petit-déjeuner est peut-être un bien grand mot, car il s’agit le plus souvent d’une grosse cafetière remplie à ras-bord de café et de quelques pains de seigle ou de maltose, le tout servi sur un plateau de fer blanc fourni gracieusement par le patron qui, quelquefois prenait part lui aussi à ces petites agapes.
C’est vers 11h, quand le soleil est à son zénith en été que le groupe de travailleurs, exténués et le corps en eau, se retrouvait sous un arbre à l’ombre fraiche pour manger un morceau. Chacun apportait son petit couffin et tout le monde partageait avec tout le monde dans une ambiance de rires de joie, la joie d’être ensemble et de pouvoir rapporter son pain de la maison.

Le rôle de la «Jemaâ»


Assemblée - La «Jemaâ» est composée des hommes les plus sages et les âgés du village et qui ont fait leurs preuves. Elle se réunit quand la conjoncture ou des événements particuliers l’imposent. Elle n’a pas d’ordre du jour et n’a pas de moyens coercitifs.


Il semble que le secret de ces sociétés d’il y a un siècle résidait dans le fait qu’elles ne laissaient jamais personne au bord de la route, sur le fossé.
Ce qui pouvait toucher un membre, quel que soit son statut, touchait tout le monde.
L’orphelin du village par exemple était en fait l’orphelin de tout le village et chacun se faisait un honneur et un devoir de l’orienter, de le conseiller et de plaider sa cause à l’école ou chez le cheikh coranique.
Bref c’est toute la population qui subvenait à ses dépenses et à ses frais et s’arrangeait pout qu’il ne manquât de rien.
Son cartable et ses vêtements de l’aïd étaient achetés par un volontaire discrètement, au nom du village.
Laisser un orphelin sans habit le jour de l’Aïd était considéré comme une lâcheté qui rejaillissait sur tous les hommes du village.
Même chose pour la veuve. Elle était la prunelle des yeux de la «Jemaâ» et gare à celui qui lui manquait de respect ou qui essayait de l’escroquer. Et à ce propos il nous semble important d’évoquer le rôle de ces «Jemaâ»
Historiquement, ce système est né en Kabylie là où l’occupation française éprouvait toutes les difficultés à s’imposer. La «Jemaâ», qui signifie assemblée, est composée des hommes les plus sages et les âgés du village et qui ont fait leurs preuves.
Cette assemblée se réunit quand la conjoncture ou des événements particuliers l’imposent. Elle n’a pas d’ordre du jour et n’a pas de moyens coercitifs.
Tout le village se plie à ses décisions et quand une quelconque décision est prise, elle est considérée comme définitive et sur laquelle il est inutile de revenir. Tous les problèmes sont réglés par la Jemaâ qui évite aux citoyens de se plaindre à l’administration française.
La «Jemaâ», par exemple, peut recommander aux villageois d’organiser une «touiza», c’est-à-dire un volontariat collectif pour aider à la finition de telle ou de telle maison dont les travaux trainent en longueur. 
Elle peut recommander aux citoyens d’être sur leurs gardes pour assurer le maximum de sécurité au village en organisant des tours de surveillance discrète.
Parfois c’est le villageois qui demande à l’assemblée un conseil ou plutôt l’autorisation de réaliser un quelconque projet.
En général la «Jemaâ» se dote d’un «k’bir el jemaâ», un chef, un doyen qui peut parler en son nom.
C’est dans cette ambiance conviviale et fraternelle que nos anciens vivaient en parfait harmonie avec eux mêmes et avec leurs voisins.
I. Z.

Comment se soignaient nos anciens ?


Choix - Sur le plan du logement, les Algériens du siècle dernier évitaient comme la peste les immeubles à étages et préféraient de loin les maisons basses, traditionnelles, qu’on appelle haouch.


Présentés de façon aussi bucolique, nos anciens donnent l’impression de vivre au milieu d’un paradis. C’est en partie vrai sauf que ce paradis est éphémère. Ils n’avaient pas toutes les maladies que nous connaissons aujourd’hui mais ils tombaient malades assez souvent. Et comment se guérissaient-ils ?
D’abord le médecin européen coutait trop cher et n’était à la portée que de quelques bourses. On allait en consultation dans un cabinet médical quand le malade aura tout essayé et tout tenté pour retrouver sa santé.
Quand l’un de ces anciens se cassait un bras ou une jambe pendant son travail ou même en dehors de son travail, c’est au guérisseur qu’il pensait d’abord et il y en avait toujours un dans le village ou dans les environs.
Il pouvait être musulman comme lui ou même chrétien.
Les pieds noirs apparemment possédaient ce don de ressouder deux os par un seul mouvement du bras ou de la jambe.
Quand il avait une forte température, l’ancien n’allait pas chez le pharmacien ou commandait une boite de pilules ou de gélules, il se contentait de passer autour de sa tête une serviette trempée dans du vinaigre et à laquelle était collées deux ou trois rondelles de citron.
Pour tous ces maux comme la migraine, les vomissements, les brûlures d’estomac ou le ballonnement, ils n’avaient qu’un seul remède concocté avec des herbes.
Il arrivait parfois que le mal était profond et complexe auquel cas ils n’avaient qu’une seule alternative : voir un toubib.
Rares étaient les femmes à cette époque qui accouchaient dans une clinique ou dans un hôpital. Toutes, ou presque toutes, accouchaient chez elles à la maison grâce à une accoucheuse rurale toujours disponible au village ou dans les environs.
Sur le plan du logement, les algériens du siècle dernier évitaient comme la peste les immeubles à étages et préféraient de loin les maisons basses, traditionnelles qu’on appelle haouch. Là, non seulement leur famille était à l’abri de la promiscuité et surtout de la curiosité, mais ils pouvaient grâce à leur petite courette élever des poules, des coqs et des lapins, mais même parfois une chèvre ou un agneau de lait. N’ayant pas assez d’espace, ils pouvaient à la limite, à défaut de basse cour, planter de la salade, de la tomate et du persil pour le ramadan.
Tout était fait maison : Le pain, les gâteaux, le café était torréfié et moulu sur place, même la limonade, la «cherbète», était fabriquée à la maison.
La plupart des vêtements étaient cousus entre ces murs pour peu que l’on possédait une machine «Singer».
I. Z .

Un flambeur 

l Malgré une nutrition saine et une vie sans stress, nos anciens ne mourraient pas centenaires. La moyenne d’âge, dans les années 1900, était de 60 ans pour les hommes et de 62 pour les femmes. A titre de comparaison, la moyenne d’âge aujourd’hui es de 75 ans pour les hommes et de 83 pour les femmes. L’explication de ce phénomène est pourtant très simple.Aujourd’hui on mange mieux c’est à dire varié et on se soigne mieux car le médecin est à la portée de n’importe quelle bourse.Il y a pourtant une autre explication, beaucoup moins appréhendée : l’algérien a appris à ne plus se priver. Et cela dans tous les domaines. Il a plus facilement accès à la voiture, aux voyages à l’étranger et à la omra que ses grands parents par exemple. Il fut même un moment où l’algérien ne comptait pas ses sous. Il flambait son argent comme on flambe un tas de paille.
I. Z.