Avec une préférence pour les réseaux sociaux : Plus de 13 millions d’Algériens se connectent chaque jour à Internet

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L'Algérien regarde plus de 3 heures par jour les vidéos en ligne, selon une étude réalisée par ConsumerLab  d’ Ericsson. L’étude du comportement des consommateurs en fonction de leur âge, profil social et genre, fait également ressortir une nette augmentation du nombre des détenteurs de smartphones, qui sont passés de 27% en 2014 à 68% en 2016, ajoutant que la disponibilité des tablettes dans un ménage est passée de 21% à 58%, celle d’une ligne fixe de 53% à 64% alors que celle des ordinateurs de bureau ou portables reste presqu’au même niveau à 79% contre 78%. L’étude estime que les activités qu'effectuent les internautes sur tous les outils de connexion ont considérablement augmenté sur deux ans. «Les hausses les plus marquées étant celle des services bancaires en ligne, passant de 9% à 49% en 2016, des achats en ligne, de 10,5% à 52%, la navigation et cartographie en ligne, de 18% à 61%, alors que la progression reste modérée pour ce qui concerne les réseaux sociaux, passant de 65% à 82%, la messagerie instantanée de 54% à 85% et les appels vocaux de 55% à 87%», ajoute l'étude.
A. B.

Plus de 10 millions fréquentent chaque jour les réseaux sociaux


Rapport - ConsumerLab note «un engouement marqué» pour la consommation de la vidéo en Algérie à la faveur du large déploiement du haut débit dans le pays.


Elle estime ainsi la durée moyenne consacrée à la lecture des vidéos par jour pour un utilisateur d’internet mobile et fixe à 3h39. Ils sont 13,10 millions d’Algériens de 15 ans et plus à surfer chaque jour sur Internet, soit 46% de cette frange de la population, selon une autre enquête réalisée par la société spécialisée basée à Paris, IMMAR Research & Consultancy. Nous apprenons ainsi que 10,82 millions d’Algériens de cette même catégorie fréquentent chaque jour les réseaux sociaux, ce qui fait un taux de 38% de la population.
Selon la même source, sur l’ensemble des utilisateurs, ils sont 82% à surfer sur les différents réseaux sociaux. Ceux qui effectuent des recherches ne représentent que 24%, alors que 21% fréquentent des sites de divertissements dont YouTube, et 11% les sites de communication (Skype…). Seuls 11% effectuent des recherches pour «des besoins professionnels»,  7% lisent la presse quotidienne en ligne et 2% téléchargent des cours.
S’agissant de la 4G, l’étude ConsumerLab fait ressortir que les utilisateurs montrent une «disposition accrue» à consommer davantage avec des activités à forte intensité de données, comme les appels vidéo qui connaîtront une hausse de leur utilisation de près de 19%, une augmentation de l’utilisation des réseaux sociaux de 18%, des appels Internet de 15% et enfin la messagerie instantanée de 13%.
Le nombre d'utilisateurs de l'Internet mobile 3G en Algérie a doublé en deux ans, passant de 50% en 2014 à 99% en 2016, à la faveur du large déploiement du haut débit dans le pays, selon ConsumerLab d'Ericsson.
L'étude effectuée auprès d’un échantillon de 1 000 personnes représentant les utilisateurs des nouvelles technologies dans 6 grandes villes d’Algérie, à savoir Alger, Blida, Constantine, Sétif, Oran et Ouargla (plus de 6 millions d’habitants), relève aussi une explosion de l'utilisation de la 3G chez les utilisateurs de l’Internet mobile. ConsumerLab identifie ainsi quatre grands groupes d’utilisateurs de la 3G, à savoir les power users, les medium users, les light users et les non-users. Selon l’étude, les power users, représentant 11% de la population sondée dont l’âge varie entre 15 et 29 ans, estiment important d'accéder à Internet où qu'ils soient, ayant ainsi accès à l'apprentissage et aux opportunités d'emploi. Ils y voient aussi le meilleur moyen d’être en contact avec leurs proches.
Les medium users (17% de la population sondée) forment, quant à eux, une catégorie à majorité féminine dont l’âge varie entre 20 et 39 ans, note l’étude, ajoutant que cette frange d’utilisateurs estime que l'Internet favorise l'apprentissage et donne des opportunités d'emploi. Selon l’étude, ces utilisateurs ont une perception plutôt négative de l'usage d'Internet qui conduit, selon eux, «à une dépendance et affecte les relations».
Les light users (44%) représentent la plus importante catégorie des utilisateurs d’Internet (hommes et étudiants pour la plus part) avec un âge moyen entre 15-19 ans et 30-34 ans.
Assia Boucetta

Défis et enjeux du numérique

Le professeur Abdellatif Kerzabi de l’Ecole supérieure de management de Tlemcen a indiqué qu’il existe, actuellement, une société algérienne digitalisée et une autre non digitalisée ou sous-développée, d’où l’urgence de se diriger résolument vers la trajectoire de la digitalisation pour éviter tout bouleversement social ou familial. L’économie numérique s’est imposée aujourd’hui comme un vecteur de croissance, de productivité et de compétitivité des entreprises et des pays. Mais l’utilisation du numérique reste encore superficielle en Algérie, puisqu’il ne concerne, actuellement, que l’administration au lieu d’être généralisé à tous les secteurs, selon le professeur Abdelkader Berriche de l’Ecole supérieur de commerce d’Alger. Invoquant la résistance au changement, le professeur a cité, entre autres causes de cette situation, la faiblesse des dépenses pour la recherche et l’invention au niveau des entreprises économiques, ainsi que celle du commerce électronique et de l’adhésion des entreprises au paiement électronique. Disposant de structures avérées dans ce domaine, l’Algérie doit exploiter ces moyens pour s’engager dans le numérique et rattraper son retard, a-t-il suggéré, citant notamment les 47,5 millions d’Algériens détenant un mobile et les 22 millions disposant de lignes Internet.
A. B.

Les ministères accordent leurs violents

Une circulaire ministérielle pour sensibiliser les élèves aux dangers de l'usage abusif d'Internet a été distribuée aux établissements éducatifs. La circulaire aborde tous les aspects permettant de sensibiliser les élèves aux dangers de certains jeux. La ministre de l'Education nationale avait appelé récemment à la conjugaison des efforts pour sensibiliser les enfants aux dangers, notamment, du jeu de «La Baleine bleue». Tous les secteurs concernés par l'enfance «s'acquittent de leur devoir» en matière de protection des enfants des dangers de l'utilisation de l'Internet, a affirmé pour sa part la déléguée nationale à la Protection de l'enfance. «Tous les secteurs concernés par l'enfance s'acquittent de leur devoir pour protéger les enfants des dangers de l'utilisation de l'Internet, mais il est impossible de priver les enfants de leur droit au jeu et de les tenir éloignés du développement technologique», a déclaré Meriem Chorfi, soulignant «l'importance du rôle des parents dans la surveillance de leurs enfants pour les prémunir des différents dangers liés à l'utilisation de l'Internet». De son côté, la ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme a rappelé que «plusieurs mesures ont été prises pour prémunir les enfants des dangers liés à l'Internet», soulignant que son département a lancé un projet basé sur la sensibilisation. Ce projet qui cible toutes les franges de la société, notamment les parents et les enfants, est mené en coordination avec les directions de l'éducation nationale et de jeunesse et des sports. Pour sa part, la ministre de la Poste, des Télécommunications, des Technologies et du Numérique a affirmé qu’«il n'y a pas un site précis du jeu ‘‘La Baleine bleue’’ que l'on puisse bloquer», estimant que la sensibilisation des enfants et la nécessité pour les parents de contrôler leurs activités sur Internet était la seule solution.
A. B.


Feraoun promet une amélioration du débit


Annonce - Signature d'un accord visant l'amélioration du débit Internet en Algérie grâce à un câble sous-marin reliant Annaba aux Etats-Unis.


Outre le projet du câble sous-marin en fibre optique (Orval) reliant la ville d'Oran à Valence (Espagne), l'Algérie devait réaliser, à la fin de l’année qui vient de s’écouler, un autre projet de câble sous-marin reliant Annaba aux Etats-Unis. Cet accord, qui contribuera à l'amélioration du débit Internet en Algérie, «sera signé avant la fin de 2017 avec des droits d'exploitation de 34 millions de dollars», avait précisé la ministre.
Les travaux du projet Orval ont commencé à la faveur de la mise en place d'une filiale d’Algérie Télécom (AT) en Espagne, ce qui a permi à aplanir toutes les entraves administratives ayant retardé la concrétisation de ce projet. Pour ce qui est de l’hébergement des sites, le Conseil de participation de l'Etat (CPE) a donné son feu vert à AT pour la création d'un data center avec un opérateur de Hong Kong à Lakhdaria, dans la wilaya de Bouira.
Pour le raccordement en fibre optique, on parle d’un déploiement en 2017 de 6 168 km de fibre optique, alors que le réseau connecté atteint
123 000 km à travers le pays. Dans ce cadre, la ministre a fait état de la formation de 3 314 employés, dont 1 039 ingénieurs d'AT et 279 de micro-entreprises créées dans le cadre des dispositifs de soutien à l'emploi des jeunes. Cet investissement a permis une amélioration des prestations de l'entreprise, dont les abonnés ont augmenté à 448 000.
A noter que l’Algérie a connu la plus forte baisse de son débit Internet sur ADSL dans le monde en 2017, avec une diminution de 23,9% par rapport à l’année précédente. Le débit de la connexion Internet ADSL de l’Algérie s’est ainsi établi à 3,76 Mbps. Sur la base des données enregistrées de novembre 2016 à novembre 2017, la société américaine Ookla Speedtest a classé l’Algérie au dernier rang des pays ayant connu une forte baisse de leur débit, notamment en ce qui concerne le téléchargement, en 2017. Le débit de la connexion Internet ADSL de l’Algérie s’est établi à 3,76 Mbps. Ce chiffre représente un recul de 23,9% par rapport à la même période en 2016. Et pourtant, le débit des réseaux fixes à large bande s’est amélioré cette année, en s’établissant autour d’une moyenne de 40,11 Mbps au niveau mondial, soit une augmention d’environ 31,6% par rapport à l’année précédente. Les débits des téléchargements sont également en hausse de 25,9%, soit 19,96 Mbps. Ces chiffres suggèrent que les infrastructures Internet s’améliorent, mais cela se résume à des zones restreintes. 
Dans une autre étude publié par la société britannique Cable, spécialisée dans l’analyse de la distribution Internet et des services de télécommunication et de télévision, l’Algérie est classée à la 161e place en matière de connexion la moins rapide. L’Algérie est même la dernière dans les pays d’Afrique du Nord, où le Maroc occupe la première place avec un temps de téléchargement de 3 heures, 53 minutes et 40 secondes, devançant ainsi la Tunisie (4 heures, 52 minutes et 23 secondes), l’Egypte (13 heures, 59 minutes et 27 secondes), et l’Algérie (15 heures et 21 minutes). L’Algérie est même dépassée par des pays africain comme le Togo, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, l’Ethiopie et le Zimbabwe.   
A. B.

L’Unicef à la rescousse


Dispositif - Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) en Algérie veut renforcer les actions visant à protéger les enfants des dangers de l'Internet et du monde numérique.


Les chiffres publiés en 2017 par l'Unicef indiquent qu'un utilisateur d'Internet sur trois au niveau mondial a moins de 18 ans. Des statistiques inquiétantes qui ont entraîné, selon le rapport, des changements non seulement sur le monde mais sur l'enfance, d’où le travail conjoint que souhaiterait entreprendre le Fonds avec les autorités algériennes pour la protection de cette catégorie vulnérable.
L’Unicef a ainsi réaffirmé son engagement à travailler avec les différentes institutions du pays pour la mise en place d’une stratégie pédagogique et éducative qui ciblerait essentiellement les enfants.
Cette stratégie viendrait accompagner le travail engagé par le gouvernement, et ce, à travers les campagnes de sensibilisation et l'élaboration de politique de bonnes pratiques pour protéger l'enfance. plusieurs campagnes de sensibilisation ciblées sur les méfaits et les dangers de certains jeux et applications sur Internet ont en effet été initiées par le service de la protection des mineurs en vue de les informer des risques potentiels que représentent certains jeux proposés sur la Toile ou les réseaux sociaux.
Ces campagnes, qui ont déjà touché de nombreux établissements du cycle moyen, interviennent après, notamment, les décès tragiques d'adolescents à l’échelle nationale, qui se sont essayés à un jeu morbide sur la Toile les ayant poussés au suicide.
Des équipes de psychologues, des cadres de la cellule de lutte contre la cybercriminalité, ainsi que des sociologues encadrent les séances de sensibilisation et d’information organisées au profit des élèves des établissements moyens, ciblés par ces campagnes.
Le choix des élèves issus de ce cycle est motivé par la vulnérabilité de cette catégorie aux applications et jeux fournis sur Internet, d’autant plus que le jeu incriminé touche principalement les jeunes âgés entre 12 et 15.
Les discussions ouvertes avec les élèves ont démontré qu’il existe une réelle prise de conscience des dangers que représente ce genre de jeu et un rejet de tout ce qui à trait au suicide et la violence contre soi.
Beaucoup parmi ces élèves reconnaissent qu’ils jouent souvent sur Internet, mais à des jeux de stratégie, de guerre ou des applications de football, sans danger pour le joueur.
Le rapport de l’Unicef rappelle dans ce cadre l’importance de l'éducation qui doit être au centre des préoccupations des autorités algériennes pour protéger les enfants. Le Fonds insiste en particulier sur la formation des mineurs en vue de les doter de cette habilité à reconnaître le contenu des programmes sur Internet. 
A. B.