Bientôt ce seront des lieux touristiques et d’activités récréatives / Barrages : joindre l’utile à l’agréable

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Activités récréatives


Dynamique - Les barrages de l’Algérie s’ouvrent à une nouvelle vocation. Il s’agit de leur conférer une dimension touristique et de loisirs….


Le ministère des Ressources en eau envisage d'aménager les barrages en des lieux touristiques, de loisirs et de pratiques sportives nautiques afin de mieux exploiter le potentiel hydrique.
Intervenant lors d'une journée d'étude sur le développement des activités récréatives au niveau des retenues d'eau superficielles et des lacs, le ministre des Ressources en eau, Hocine Necib, a expliqué que les barrages et lacs offraient d'excellentes opportunités pour la détente, la baignade, la pêche, les sports nautiques et même les bains thermaux pour les ouvrages hydrauliques construits à proximité des sources thermales.
Une démarché saluée par de nombreux acteurs, surtout qu’elle tend à donner un nouvel élan aux investissements touristiques. Dans son intervention, M. Necib a relevé le déficit en matière d'espaces de loisir et de détente au niveau des barrages du pays, tout en soutenant que le développement des pratiques récréatives et sportives organisées au niveau ou dans les alentours de ces derniers à travers l'émergence d'un cadre à la fois agréable et sécurisé, pourrait diminuer substantiellement le bilan macabre des décès enregistrés chaque année au niveau de ce type d'infrastructures hydrauliques. A ce propos, il a rappelé que le cadre réglementaire régissant ce type d'activités existait depuis 2011 à travers un décret exécutif fixant les modalités de concession pour l'établissement d'installations au niveau des retenues d'eau superficielles et des lacs en vue d'y développer des activités de sport et de loisirs nautiques. "La plupart de nos barrages et lacs offrent d'excellentes opportunités pour la détente, la baignade, la pêche, les sports nautiques et même les bains thermaux pour les ouvrages construits non loin des sources. Nous devons nous inspirer des exemples de réussite dans le monde pour garantir que nos retenues soient utilisées et rentabilisées socialement pour le bien-être des populations, le développement touristique local, la revitalisation des zones rurales et la sécurisation des périmètres du domaine public hydraulique", a-t-il fait valoir.
A cet effet, le ministre a précisé qu'au départ, trois sites de barrages avaient été identifiés pour entamer une opération-pilote, à savoir le barrage Boukerdane (Tipaza), de Beni Haroun (Mila) et de Taksebt (Tizi-Ouzou).
Mais après une étude élaborée par son département ministériel, il a été finalement décidé d'élargir l'opération aux 37 autres barrages qui répondent aux conditions nécessaires.
Cependant, a-t-il tenu à préciser, ce n'est pas l'Etat qui va investir dans l'aménagement de ces espaces, ajoutant que le rôle de l'Etat est de percevoir les droits de concession étant donné que les investissements y afférents se feront sous le régime de la concession. C'est dans ce sens qu'une commission technique intersectorielle a été installée courant décembre pour être chargée de l'examen des projets de concession pour le développement des activités récréatives au niveau des retenues d'eau.
Lyès Sadoun

Quand l’eau se numérise

n Une application web pour la gestion des barrages a été lancée par l'Agence nationale des barrages et transferts (ANBT). Appelée "Soudoud Dzair" (les barrages d'Algérie), cette application permet, à partir de données cartographiques (google earth...), l'accès à une large palette d'informations géographiques, notamment la visualisation de donnés géographiques et géo-localisées de l'ensemble des barrages du territoire national. Cette application est aussi un outil d'observation et de consultation, à l'échelle nationale, de l'évolution des réserves en eau des barrages du pays (réserves stockées quotidiennement, apports enregistrés, taux d'évaporation...) et la gestion en temps réel de l'information liée à la gestion de la ressource en eau des barrages. Elle permet également le suivi de réalisation des projets de réalisation de barrages et transferts, ainsi que le suivi de la qualité de l'eau brute sur l'ensemble des barrages en exploitation. L'application en question dispose aussi d'un modèle de prévision météorologique permettant de prédire les éventuels apports en eau susceptibles d'être enregistrés au niveau des barrages. Pour le secteur de l’eau, le lancement de cette application entre dans le cadre de la politique du gouvernement visant la numérisation de tous les secteurs y compris celui des ressources en eau pour une gestion intégrée et fiable. Pour rappel, les investissements hydrauliques réalisés depuis 2000 ont permis d'augmenter la capacité de mobilisation des eaux de surface à travers la construction de 32 nouveaux barrages, 44 nouveaux barrages intégrés, 5 grands transferts, 11 stations de dessalement des eaux de mer et 152 stations de traitement des eaux usées.
L. S.

Dévasement : la première drague en mars

n Interrogé sur le phénomène de dévasement des barrages, le ministre a indiqué qu'un programme a été tracé à partir de 2018 visant le dévasement de 10 barrages, soulignant qu'une première drague algérienne pour le dévasement sera réceptionnée à la fin du mois de mars 2018. Le traitement du phénomène de dévasement des barrages sera entamé en coordination avec le secteur agricole en vue de planter des arbres aux alentours des barrages de manière à réduire le risque de glissement de terrain, selon le secteur. Concernant les nouveaux programmes du secteur, nous apprenions récemment qu’une enveloppe de 62 milliards de dinars a été affectée à leur financement visant à améliorer l'approvisionnement en eau potable, élargir les superficies irriguées dans les grands périmètres et réaliser des projets d'assainissement sanitaire. Intervenant sur les ondes de la Radio nationale, M. Necib a précisé qu'une enveloppe financière de plus de 43 milliards de dinars auxquels s'ajoutent des crédits supplémentaires de 145 milliards de dinars ont été affectés au parachèvement des projets en cours de réalisation dans le cadre des dispositions de la loi de finances 2018. M. Necib a fait savoir que la plupart des projets de son secteur qui concernent essentiellement l'assainissement sanitaire ont été dégelés, ajoutant que ces derniers ont bénéficié d'une enveloppe financière globale de 105 milliards de dinars. A cela s'ajoutent de nouveaux projets relatifs au renouvellement et à l'extension des réseaux d'eau outre le dégèle de projets de réalisation de 21 stations d'épuration d'eaux usées dont les travaux débuteront à partir de 2018, indique le ministre.
L .S.


Beni Haroun, nouveau pole économico-sociale ?


Constat n Deux adolescents (14 ans et 16 ans) se sont noyés courant juillet dans le barrage de Beni Haroun. Ce drame n’a pas dissuadé leurs amis, proches et voisins de continuer à se baigner dans les eaux de cet ouvrage…


Et pour cause, ces jeunes du village Sibari, situé à proximité du barrage déplorent le manque de piscines et de bassins, notamment durant les périodes de forte canicule et n’ont eu de cesse de se plaindre de l’absence de lieux de détente et de loisirs.
Et malgré, les baraques et zodiacs de l’Agence nationale des barrages (ANBT) et de la Protection civile, qui sillonnent en patrouilles mixtes, dans les eaux les drames sont malheureusement toujours présents. «Ce n’est pas pour excuser cette irresponsabilité, loin de là, mais les enfants du village n’ont pas d’autre choix. Le barrage est à deux pas des maisons et c’est le seul lieu de détente.
Ils ne peuvent pas résister notamment avec ces grandes chaleurs», expliquait  Brahim, habitant du village et agent à l’ANBT. Pourtant, le barrage a tout pour devenir un site touristique par excellence. Il est la plus grande infrastructure hydraulique en Algérie réalisée en béton compacté au rouleau (BCR). «Cette technique innovante est utilisée pour la première fois en Algérie dans ce type d’ouvrage. Avec un volume de 180.000 m3 de BCR utilisé pour la circonstance, Béni Haroun détient un record mondial en la matière», affirme la direction de l’ANBT qui a tracé un programme de relance économique, sociale, culturelle et touristique.
Selon le directeur du barrage, Azzedine Elmanaâ, des randonnées pédestres et des visites pédagogiques sont organisées. «Nous venons aussi  d’installer des baraques en bois d’artisanat pour offrir aux visiteurs un cadre agréable. Un investisseur privé vient de lancer les travaux d’un projet de construction d’un hôtel surplombant le barrage.  C’est un projet lancé dans les années 1990 et gelé à cause de la situation sécuritaire. Cela va combler l’absence flagrante d’une infrastructure d’accueil des visiteurs», nous confie un riverain.
En outre, des projets de réalisation de retenues d’eau superficielle et de lacs au niveau desquels peuvent être établies des installations en vue d’y développer des activités de sport et de loisirs nautiques traînent toujours. En attendant, les enfants de Mila continuent de fréquenter le barrage de Béni Haroun,  synonyme à la fois de mort et de beauté.
L. S.

Constantine : ces plans d’eau qui tuent !

Une vingtaine de décès dans des retenues collinaires, réserves d’eau et lacs entre autres ont été enregistrés à Constantine depuis 2012, selon les services de la Protection civile.
Rien qu’à l’entame de la saison estivale 2017, deux noyades avaient été recensées à Constantine, dans les réserves d’eau de la localité Béni Yaâgoub (commune de Ben Badis) et à Senoussi dans la commune d'Ain Abid. La majorité des victimes sont des enfants. D’autres cas de noyades ont été enregistrés dans les plans d’eau des localités d'Oued Nemcha, de Mihoubi et d'Ouled Khengui dans les communes de Béni Hamidene, Zighoud Youcef et à El Khroub, ainsi qu'au lieudit 13ème km, dans la commune d’Ain Smara. Des chiffres inquiétants que la protection civile tentent de réduire en organisant des campagnes de sensibilisations. Ainsi, celle organisée au niveau du lac 13ème km. Il s’agissait d’un exercice de simulation d’une opération de sauvetage d’une victime noyée dans une retenue collinaire. Sous l’œil curieux et l'oreille attentive des tous petits, les plongeurs-pompiers ont secouru la victime et ont détaillé aux présents les risques liés à la baignade dans des plans d'eau tels que les retenues collinaires, les barrages ou encore les réserves d'eau. Les organisateurs se sont par la suite dirigés vers le jet d’eau de la cité Zouaghi, où des dizaines d’enfants, parfois même accompagnés par leurs parents ''piquent une tête'', insoucieux du danger qui les guette. Sur place, les initiateurs de cette opération de sensibilisation ont expliqué aux enfants les risques qu'ils pourraient encourir en nageant dans les plans d'eau.
La sortie sur terrain des éléments de la protection civile vise à assurer une diffusion large des consignes de sécurité prévues et à inculquer aux citoyens la culture du risque et en atténuer leurs conséquences.
L. S.

Le taux de remplissage  à 53%

l Le taux de remplissage des barrages à travers le pays est remonté ces derniers temps à la faveur des récentes chutes de pluie et de la neige, selon le département des ressources en eau. Dans une déclaration à la presse, en marge d’une visite de travail dans la wilaya de Tipaza, le ministre  du secteur a fait cas de l’enregistrement de 100 millions de M3 avec les premières chutes de pluies ayant permis, selon lui, la mobilisation d’importantes quantités d’eau dans l’extrême Est du pays, dont notamment Annaba et El Taref, qui avaient accusé un recul dans leurs réserves. M.Hocine Necib prévoit une hausse dans le taux de remplissage des barrages, à l’échelle nationale, pour atteindre 53% grâce aux récentes chutes de pluies. Le ministre des ressources en eau a, par ailleurs,  fait état de vols quotidiens d’eau signalés et estimés entre 10 à 15 % de la production nationale, évaluée à 9 millions de M3 d’eau/Jour. Il a, à ce propos, fait part du lancement prochain d'un programme, par ses services, d’une vaste campagne de lutte contre le vol de l’eau, en coordination avec les walis à travers le pays.
L. S.