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Le coltan : un minerai plus cher que le sang Lyes Sadoun
Exploitation n Ce minerai est extrait à mains nues dans les collines du Kivu au Congo par des femmes, mais surtout des enfants qui gagnent un dollar par jour, soit l’équivalent de 87 DA.
Tous les jours, des enfants meurent dans les mines d’Afrique afin que d’autres puissent communiquer avec leurs téléphones portables, se connecter via leurs ordinateurs ou encore jouer avec leurs consoles de jeux. Au cœur de ce scandale, un minerai très rare : le coltan. Ce dernier est un composant désormais indispensable dans la fabrication de divers appareils électroniques, tels que ceux cités précédemment. Il est présent en divers endroits du globe. La provenance africaine semble toutefois privilégiée, tant ce minerai est extrait à mains nues dans les collines du Kivu au Congo, par des femmes, mais surtout des enfants qui gagnent ainsi un dollar par jour, soit l’équivalent de 87 DA/jour. Ce sont ainsi des milliers de mineurs «bon marché» qui sont exploités dans des conditions exécrables et des plus inhumaines qui soient et qui font le bonheur de centaines de multinationales et de millions de consommateurs à travers le monde. Un reportage diffusé récemment sur une chaîne satellitaire nous montrait ces négociants, associés aux chefs de guerre de la place, entasser les sacs de «matière» sur les aéroports de Goma et de Bukavu, d’où des petits-porteurs ou des Antonov (avions de transport de marchandises) les achemineront vers le Rwanda, avant de gagner l’Allemagne, la Suisse, le Canada et la Belgique. Cette matière entrera dans la fabrication de diverses fournitures et appareils électroniques destinés, pour partie, à la consommation locale et pour l’autre, à un marché mondial peuplé de millions de consommateurs avides de consommation. Ces produits seront transportés et chargés par «des adultes», cette fois, pour leur être envoyés et distribués. Dans ce monde cupide, pour les uns, et abêti par la télé et le marketing, pour les autres, le besoin de ce minerai devient de plus en plus grandissant. Cette cupidité et cet égoïsme généralisés qui rendent complices, Etats, multinationales et peuples du monde, ne pourront qu’avoir raison, encore une fois, de cette terre damnée dont le sang des enfants sert le bien-être et le confort d’une partie de l’humanité. Un confort construit sur des fondations coulées au sang d’enfants.
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