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  2/9/2010

Edition N° 2177  

 
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Le dossier du jour Edition du 20/8/2008

C’était hier à Boumerdès
Issers, la ville qui a vécu l’horreur



«Mon fils n'a jamais fait de mal à personne»
Cauchemar n Les habitants de la ville des Issers ont eu la fâcheuse impression de faire un bond de plusieurs mois dans le passé en entendant, hier, vers 7h 30, une violente déflagration qui les a tirés de leur sommeil.

«Que Dieu nous protège… que s’est-il encore passé ?», s’est demandé M. E Ahmed un quinquagénaire que nous avons rencontré à l’hôpital de Tizi Ouzou où il est venu rendre visite à un blessé admis au pavillon des urgences chirurgicales du CHU Nedir-Mohamed.
«Cela m’a rappelé la bombe qui a ciblé le poste de police situé au centre-ville il y a de cela plusieurs mois. Je suis descendu dans la rue et j’ai suivi les gens qui couraient vers l’endroit de l’explosion et là j’ai vu l’horreur. Des cadavres de jeunes par terre du sang partout, des blessés, des personnes en état de choc et des femmes qui pleuraient. Je n’ai pas pu supporter la vue de ce massacre et je suis resté planté sur place», nous raconte-t-il. A côté de lui deux sœurs sont venues prendre des nouvelles de leur frère admis en traumatologie. La mère n’a pas pu supporter la vue de son fils recouvert de bandages elle s’est retirée pour pleurer toute seule alors que son mari ne savait plus où donner de la tête. «Que voulez-vous que je vous dise ?  mon fils a eu son bac cette année et il voulait construire son avenir en intégrant le corps de la gendarmerie nationale. C’est un élève brillant et un jeune apprécié de tous. Jamais il n’a fait de mal à personne pourquoi a-t-on fait ça à mon fils ?» Notre interlocuteur n’a pas retenu ses larmes et il nous a prié de le laisser. Il faut dire que les scènes étaient insoutenables au niveau de ce service où 5 blessés ont été admis et une profonde douleur se lisait sur le visage des familles venues voir les leurs. Un jeune rencontré dans les couloirs du service avec un bandage au bras, nous raconte qu’il était dans le bus Tizi / Oran qui passait devant l’école supérieure de la gendarmerie au moment de l’attentat. «il y a eu une violente explosion et les vitres du bus ont éclaté j’ai eu le réflexe de sauter par la fenêtre car j’avais déjà échappé à un accident de la circulation où un bus avait dérapé et je me suis retrouvé au milieu des cadavres. C’étaient des civils ils étaient jeunes et je ne sais pas si c’étaient des morts ou des blessés. Je me suis retourné vers le bus et j’ai vu des scènes de panique. Un jeune était coincé à la fenêtre et d’autres le bousculaient nous avons dû intervenir un autre voyageur et moi pour le faire sortir. Je me suis alors rendu compte que je saignais :  un morceau de verre m’avait entaillé le bras. Après avoir reçu les soins nécessaires je suis venu ici voir les autres blessés je ne connais personne parmi eux mais je sentais le devoir de venir les voir». A noter que nous n’avons pas pu recueillir les témoignages des 5 blessés vu leur état.

S. M. S.

 

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