Le dossier du jour Edition du 24/10/2006

Aâmi Hamid, 72 ans
«Il y a maintenant de tout, mais sans goût»
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l Aâmi Hamid regrette amèrement le passé. Ce n’est pas parce qu’il n’est pas content du progrès. Loin de là. Ce vieux de la Casbah regrette qu’aujourd’hui qu’«il y ait beaucoup de produits alimentaires, mais sans vitamines.» Il nous raconte les années où l’Algérie était encore sous le joug colonial. « Au temps du colonialisme, les familles mangeaient du blé, de l’orge, des fèves, hmissa… mais le ramadan était meilleur. A notre époque, il y avait de l’affection, de la fraternité, des invitations, le pardon surtout les jours de l’Aïd. Avant les gens s’invitaient. Des familles invitent d’autres pour le ftour. On rendait visite aux amis et aux malades. On se baladait sans avoir peur d’être agressé ou se faire délester de son portefeuille. Maintenant, la peur règne dans les cœurs. La solidarité a disparu… Durant ce mois, les femmes préparaient la chorba à la maison. C’étaient elles qui roulaient le fric. Aujourd’hui, tout s’achète… même le couscous. Nos femmes préparaient el matlou’e. Nous n’achetions pas de pain chez le boulanger. Ceux qui l’achetaient par contre, c’était comme s’ils achetaient des fruits ou un dessert. La nuit, après le f’tour, c’était toujours la fête. Les femmes chantaient toute la nuit, les enfants jouaient dehors. Ils chantaient et dansaient. Pas comme aujourd’hui.»

C. B.

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