Depuis le 1er juillet 2026, une nouvelle taxe sur les petits colis venus de pays tiers a fait chuter de façon spectaculaire les importations en e-commerce transfrontalier vers l’Union européenne. Les douanes françaises ont confirmé fin août une baisse de 30 à 40 % des envois, avec des écarts très marqués selon les plateformes asiatiques concernées, au premier rang desquelles Shein, Temu et AliExpress.
Une réforme douanière entrée en vigueur au 1er juillet 2026
Jusqu’à cet été, tout colis d’une valeur inférieure à 150 euros échappait aux droits de douane à son entrée dans l’UE, à condition de rester soumis à la TVA. Ce seuil, en place depuis des années, est désormais supprimé. À la place, un droit forfaitaire de 3 euros par article s’applique à chaque produit distinct contenu dans un colis, identifié selon son code de nomenclature douanière. Un carton regroupant trois références différentes se voit donc facturer trois fois ce montant, en plus de la TVA calculée dès le premier euro.
Ce dispositif transitoire doit rester en vigueur jusqu’au 1er juillet 2028, date à laquelle le futur centre européen de données douanières pour l’e-commerce doit permettre d’appliquer des droits de douane calculés produit par produit, comme pour n’importe quelle importation classique.
Des baisses spectaculaires, mais très inégales selon les plateformes
Les chiffres communiqués par les autorités douanières fin août dressent un tableau contrasté. Entre juin et juillet, Temu a vu ses envois chuter de 50 %, tandis qu’AliExpress enregistrait un repli de 37 %. Shein, de son côté, limite la casse avec une baisse plus modérée de 15 %, probablement grâce à une adaptation plus rapide de sa logistique et de ses prix affichés.
- Temu : -50 % d’envois entre juin et juillet 2026
- AliExpress : -37 % sur la même période
- Shein : -15 %, la baisse la plus contenue
- Ensemble du marché européen : -30 à -40 % selon les douanes
Pour les consommateurs, la conséquence directe se lit sur le prix final affiché au moment du paiement, désormais alourdi par ce forfait, alors qu’il était auparavant invisible pour la grande majorité des petites commandes.
Ce qui va encore changer d’ici 2028
La réforme ne s’arrête pas là. À partir de novembre 2026, un second prélèvement, présenté comme des frais de traitement destinés à financer les services douaniers, doit venir s’ajouter au forfait de 3 euros. Son montant exact reste à fixer par les institutions européennes, mais plusieurs projections évoquent un plafond proche de 2 euros par colis.
Cette évolution répond à un objectif assumé par Bruxelles : rétablir une forme d’équité entre les plateformes établies hors de l’UE, longtemps perçues comme profitant d’un vide fiscal, et les commerçants européens qui appliquent TVA et droits de douane depuis l’origine. Reste à savoir si la baisse des volumes se stabilisera ou si les plateformes concernées ajusteront encore leurs stratégies commerciales, par exemple en développant des entrepôts au sein même du marché unique pour contourner en partie l’effet de ce type de taxe, comme cela se discute déjà du côté de la mode à bas coût.
Cette accélération réglementaire touche aussi la logistique du dernier kilomètre : plusieurs opérateurs testent désormais des solutions alternatives pour absorber la baisse de volumes, y compris via la livraison par robots autonomes récemment homologuée en France, un signe que le secteur cherche à compenser ailleurs la contraction des flux venus d’Asie. Les marchands qui vendent depuis l’UE, eux, misent sur d’autres leviers pour fidéliser une clientèle sensible au prix, comme le paiement échelonné proposé sur de nombreux sites marchands.
Sur le plan du numérique et de la consommation en ligne, cette réforme marque un tournant après des années de croissance ininterrompue des achats directs depuis l’Asie. Le secteur de la mode à petits prix, particulièrement exposé, observe de près l’évolution des volumes dans les prochains mois pour ajuster ses approvisionnements.
Questions fréquentes
Pourquoi la franchise de 150 euros a-t-elle été supprimée ?
L’Union européenne souhaitait mettre fin à un déséquilibre : les plateformes hors UE expédiaient massivement de petits colis exonérés de droits de douane, alors que les commerçants européens sont soumis à cette fiscalité dès le premier euro sur leurs importations.
Le forfait de 3 euros s’applique-t-il à tous les colis ?
Il concerne les envois de valeur intrinsèque inférieure à 150 euros en provenance de pays tiers, avec un montant de 3 euros par produit distinct identifié dans le colis, en plus de la TVA calculée sur le prix total.
Cette taxe va-t-elle encore augmenter ?
Oui, un second prélèvement destiné à financer les services douaniers est annoncé pour novembre 2026, avant l’entrée en vigueur d’un système de calcul des droits de douane produit par produit prévue pour 2028.
Sources
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