Après quinze ans de règne quasi incontesté, le geste qui a défini les applications de rencontre change de visage. Bumble annonce l’arrêt progressif du swipe et le remplace par une intelligence artificielle conversationnelle chargée de proposer elle-même les profils compatibles. Un tournant assumé, présenté par la fondatrice Whitney Wolfe Herd comme une manière de réenchanter la rencontre en ligne, à l’heure où de plus en plus de célibataires, notamment les plus jeunes, se disent lassés du défilement sans fin.
Le swipe, un rituel qui s’essouffle
Le constat qui pousse Bumble à bouger est d’abord financier. Sur le seul troisième trimestre 2025, le chiffre d’affaires de la plateforme a reculé de 10 %, tandis que le nombre d’utilisateurs payants a chuté de 16 %, à 3,6 millions. Autre signal inquiétant pour l’ensemble du secteur : près de sept applications de rencontre téléchargées en 2025 sur dix ont été désinstallées dans le mois qui a suivi leur installation. Un signe que la lassitude vis-à-vis du swipe n’est plus un simple ressenti isolé, mais un phénomène de fond que les plateformes ne peuvent plus ignorer.
Bee, l’assistante qui choisit à la place des utilisateurs
Pour y répondre, Bumble mise sur « Bee », une assistante fondée sur l’intelligence artificielle qui apprend les attentes de chaque utilisateur au fil d’une conversation, avant de recommander directement des profils jugés compatibles plutôt que de les afficher en pile à faire défiler. « L’IA est un accélérateur pour l’amour et les relations », résume Whitney Wolfe Herd, qui évoque un déploiement progressif, marché par marché, à partir du quatrième trimestre 2026. La bascule s’accompagne d’un autre changement, plus symbolique encore : la règle fondatrice imposant aux femmes d’écrire en premier dans les échanges hétérosexuels est assouplie, même si l’entreprise affirme vouloir en préserver l’esprit. Cette reconfiguration intervient alors que Hinge grignote des parts de marché quand Tinder marque le pas, preuve que l’équilibre entre les grands acteurs du secteur reste fragile.
Une génération qui retourne vers le réel
Reste à savoir si une IA suffira à retenir des utilisateurs de plus en plus critiques. Une enquête du Kinsey Institute et de DatingAdvice.com, menée auprès de 2 000 célibataires, montre que seuls 21,2 % des membres de la génération Z considèrent encore une application comme leur principal moyen de rencontrer quelqu’un, tandis que 58 % disent désormais privilégier les occasions de se rencontrer en personne. « Pour une génération élevée avec la technologie, la plupart ne semblent pourtant pas vouloir s’en servir pour trouver l’amour », observe le chercheur Justin Lehmiller, à l’origine de l’étude. Ce retour vers le réel se lit aussi dans les habitudes françaises, où la tendance du rendez-vous à deux couples séduit des jeunes célibataires en quête de rencontres moins formatées. L’assistante de Bumble devra aussi rassurer sur un autre terrain, celui de la confiance : alors que la vérification d’identité s’impose progressivement comme norme chez plusieurs concurrents, confier ses préférences intimes à un algorithme conversationnel suppose un niveau de transparence encore inédit pour ces plateformes.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que Bee, la nouvelle intelligence artificielle de Bumble ?
Bee est une assistante conversationnelle qui interroge l’utilisateur sur ses attentes, son mode de communication et ses objectifs relationnels, puis lui recommande directement des profils compatibles, sans passer par le défilement classique de photos.
Bumble va-t-il totalement supprimer la règle des femmes qui écrivent en premier ?
Non. L’entreprise assouplit cette règle fondatrice pour ne plus l’imposer systématiquement selon le genre, tout en affirmant vouloir en conserver l’esprit initial dans le fonctionnement de l’application.
Pourquoi les jeunes générations se détournent-elles des applications de rencontre ?
Plusieurs études pointent une lassitude vis-à-vis du swipe répétitif et un sentiment de rencontres peu authentiques, ce qui pousse une partie de la génération Z à privilégier les occasions de rencontre en personne.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale