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Fiscalité crypto en France : l’écart entre gains réels et impôts déclarés inquiète le fisc

par Pauline Blanchard
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Illustration de la fiscalité des cryptomonnaies et de la déclaration d'impôts en France

La fiscalité crypto française affiche un décalage spectaculaire entre l’argent réellement généré par les cryptomonnaies et ce qui atterrit chaque année dans les déclarations de revenus. Selon une étude de la société d’analyse blockchain Chainalysis, relayée début septembre par plusieurs médias économiques, l’activité crypto potentiellement imposable en France pourrait atteindre 9,4 milliards de dollars en 2025 — alors que les contribuables n’ont déclaré que 368 millions d’euros de plus-values au titre de 2024.

Un écart chiffré par Chainalysis

D’après les données de Chainalysis, les 9,4 milliards de dollars d’activité potentiellement taxable se répartissent en trois grandes masses : environ 2,5 milliards de dollars de plus-values sur la revente d’actifs numériques, 1,7 milliard de revenus directs issus du minage, du staking ou des prêts de liquidités, et environ 5,2 milliards liés à des paiements effectués en cryptomonnaies. Ce montant ne représente pas directement un manque à gagner pour l’État : les auteurs de l’étude rappellent que ces chiffres ne portent ni sur la même année, ni sur la même base imposable que les déclarations officielles. Il donne néanmoins une idée de l’ampleur d’un marché encore largement informel sur le plan fiscal.

Des déclarations en hausse, un fossé qui persiste

Côté administration fiscale, la tendance est pourtant à la progression. Lors de la campagne de déclaration liée aux revenus 2024, environ 24 000 contribuables ont déclaré un total de 368 millions d’euros de plus-values sur leurs actifs numériques, contre 7 700 foyers et 150,8 millions d’euros un an plus tôt. Le nombre de déclarants a donc plus que triplé en un an. Un rythme encourageant, mais qui reste très en-deçà du potentiel estimé par Chainalysis : les Français continueraient de déclarer environ sept fois moins que ce que suggère l’activité réelle du marché. Pour mémoire, la date limite de la déclaration de revenus reste chaque printemps l’échéance de référence pour ces plus-values.

  • 9,4 milliards de dollars d’activité crypto potentiellement imposable en France en 2025 (Chainalysis)
  • 368 millions d’euros de plus-values déclarées pour les revenus 2024, par 24 000 contribuables
  • 150,8 millions d’euros déclarés l’année précédente, par 7 700 contribuables
  • Premier échange automatique de données prévu en 2027 entre administrations fiscales européennes

DAC8 : la fin progressive de l’anonymat fiscal

Ce fossé pourrait toutefois se réduire mécaniquement dans les prochaines années. La directive européenne DAC8, entrée en vigueur le 1er janvier 2026, oblige les plateformes d’échange à collecter l’identité de leurs utilisateurs, leur numéro fiscal et l’historique de leurs transactions. Les premières données, portant sur l’année 2026, devront être transmises aux administrations puis échangées entre elles d’ici le 30 septembre 2027. Ce dispositif s’ajoute au cadre mondial CARF porté par l’OCDE, qui engage déjà une quarantaine de pays dans une logique de transparence comparable à celle appliquée aux comptes bancaires classiques. Ce n’est pas une surprise totale pour le secteur : les plateformes d’échange doivent déjà transmettre certaines informations au fisc, et ce mouvement s’inscrit plus largement dans la mise en musique du cadre européen MiCA qui encadre désormais l’ensemble des acteurs crypto en Europe. Signe que la finance traditionnelle prend elle aussi la mesure du sujet, un consortium de banques internationales planche sur son propre stablecoin, preuve que les acteurs historiques ne comptent plus laisser le secteur se développer hors de tout cadre.

Ce que risquent les contribuables qui ne déclarent pas

Le ministère de l’Économie a rappelé le barème des sanctions applicables en cas d’oubli ou d’omission. Un compte détenu sur une plateforme étrangère et non déclaré peut coûter 750 euros d’amende, portés à 1 500 euros si son solde dépasse 50 000 euros à un moment de l’année. À cela s’ajoutent des majorations sur l’impôt dû : 10 % en cas de retard simple, 40 % en cas d’omission jugée délibérée, et jusqu’à 80 % pour une fraude caractérisée. Des montants qui peuvent vite grimper au regard des sommes en jeu, et qui devraient logiquement inciter les détenteurs de cryptomonnaies à régulariser leur situation avant l’entrée en vigueur du reporting automatique.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la directive DAC8 ?

DAC8 est une directive européenne entrée en vigueur le 1er janvier 2026 qui oblige les plateformes d’échange de cryptomonnaies à collecter l’identité, le numéro fiscal et l’historique des transactions de leurs utilisateurs, puis à transmettre ces informations aux administrations fiscales à partir de 2027.

Faut-il déclarer ses cryptomonnaies même sans les avoir converties en euros ?

La conversion en euros ou en monnaie ayant cours légal déclenche en principe l’imposition des plus-values réalisées. Les échanges entre cryptomonnaies, le minage, le staking ou les prêts de liquidités peuvent également générer des revenus imposables, selon les règles applicables aux particuliers.

Quelles sanctions en cas de compte crypto non déclaré ?

Le ministère de l’Économie prévoit une amende de 750 euros par compte non déclaré, portée à 1 500 euros au-delà de 50 000 euros de solde, ainsi que des majorations de 10 % à 80 % de l’impôt dû selon la nature de l’omission.

Sources

Presse-citron.netJournal du CoinCointribune (via TradingView)

Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

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