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Aliments ultra-transformés : vers un étiquetage obligatoire en supermarché ?

par Pauline Blanchard
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Illustration de produits alimentaires transformés en rayon de supermarché

Plus de six produits emballés sur dix vendus en supermarché en France sont aujourd’hui des aliments ultra-transformés, selon les associations de consommateurs. Face à ce constat, une proposition de loi déposée à l’Assemblée nationale et une mobilisation de plusieurs ONG remettent sur la table une question restée sans réponse depuis des années : faut-il imposer un étiquetage obligatoire pour signaler clairement ces produits sur l'emballage ?

Un marqueur qui échappe au Nutri-Score

Le Nutri-Score classe les produits selon leur qualité nutritionnelle — sucre, sel, graisses — mais ne dit rien de leur degré de transformation industrielle. Or les associations Foodwatch, Yuka et France Assos Santé rappellent qu’environ 80 % des produits notés C, D ou E au Nutri-Score sont également ultra-transformés, c’est-à-dire fabriqués avec des épaississants, agents de texture, émulsifiants ou conservateurs rarement présents dans une cuisine familiale. Une enquête de Foodwatch a ainsi épinglé des produits qui masquent leur nature derrière des mentions comme « sans conservateurs » ou « sans sucre ajouté », alors qu’ils contiennent plusieurs additifs caractéristiques de l’ultra-transformation.

Une proposition de loi en commission

Une vingtaine de députés ont déposé un texte actuellement examiné en commission des affaires sociales à l’Assemblée nationale. Il prévoit trois mesures : signaler les aliments ultra-transformés sur l'emballage, leur interdire l’usage d’allégations nutritionnelles ou de santé flatteuses, et les exclure progressivement de la restauration collective — cantines scolaires, hôpitaux, maisons de retraite. Les associations réclament de leur côté un signal visible dès la face avant du paquet, sous la forme d’un bandeau accolé au Nutri-Score, plutôt qu’une mention noyée dans la liste des ingrédients.

  • Plus de 60 % des produits emballés en supermarché seraient ultra-transformés.
  • Ils représenteraient 30 à 35 % des calories consommées en France.
  • Une centaine d’études, dont plusieurs publiées dans The Lancet, associent leur consommation régulière à un risque accru de maladies chroniques.
  • Le texte examiné prévoit leur retrait progressif de la restauration collective.

Ce que cela changerait pour les consommateurs

Pour l’instant, rien n’oblige un fabricant à révéler le degré de transformation d’un produit : seule la liste des ingrédients, souvent longue et peu lisible, permet de le deviner. Un étiquetage dédié donnerait un repère immédiat, comparable à ce que le Nutri-Score a représenté pour la qualité nutritionnelle. Cette question rejoint d’ailleurs un débat plus large sur la fiabilité des informations en rayon : les refontes récentes du calcul du Nutri-Score avaient déjà déplacé le classement de nombreux produits du quotidien, tandis que des contrôles ont révélé la présence de métaux comme le cadmium dans certains paquets de pâtes. Dans un contexte où le prix coûtant en supermarché pousse déjà les enseignes à revoir leurs gammes, un étiquetage clair sur la transformation industrielle pourrait peser sur les choix d’achat autant que sur les recettes des industriels.

Le dossier s’inscrit dans la rubrique Alimentation du site, à la croisée des enjeux abordés en Economie.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un aliment ultra-transformé ?

C’est un produit fabriqué à partir d’ingrédients industriels et d’additifs (épaississants, émulsifiants, arômes, conservateurs) rarement utilisés en cuisine domestique, selon la classification scientifique Nova utilisée par les chercheurs.

Le Nutri-Score signale-t-il déjà ce type de produit ?

Non directement : le Nutri-Score évalue la qualité nutritionnelle globale (sucre, sel, graisses), pas le degré de transformation industrielle, ce qui explique pourquoi certains produits bien notés restent ultra-transformés.

Où en est la proposition de loi à l’Assemblée nationale ?

Le texte est actuellement examiné en commission des affaires sociales ; il prévoit un étiquetage spécifique, l’encadrement des allégations santé et un retrait progressif de ces produits en restauration collective.

Sources

Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

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