Patrimoine : Valeur scientifique et mémorielle du manuscrit à préserver

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Le laboratoire de civilisation musulmane d'Afrique du Nord de l’université d’Oran 1 «Ahmed Benbella» a reçu, depuis sa création en l'an 2000, une vingtaine de manuscrits sous forme de dons.

Le chef du laboratoire, Benaima Adelmadjid a indiqué que ces manuscrits en fiqh et exégèse du Coran ont été offerts par des privés d’Oran et de sa banlieue, afin de permettre aux chercheurs de les répertorier et de réaliser des travaux de recherche.
Il a ajouté que le laboratoire a trouvé des difficultés d'accéder à des manuscrits originaux et de les photocopier en raison du refus de leurs propriétaires qui les considèrent comme propriété privée, voire sacrée à conserver chez soi. A ce sujet, le même responsable a souligné que ce laboratoire conçoit le manuscrit comme valeur scientifique qui mérite d'être répertorié et mis en exergue de même que son auteur, au service du chercheur et du lecteur.
«Nous ne reprochons pas à ces gens leur conservation des manuscrits, surtout que certains font l’objet d’abandon et de perte une fois prêtés», a-t-il souligné ajoutant que «conserver le manuscrit comme propriété privée est une erreur».  
M. Benaima a également fait remarquer que certains voient le manuscrit comme «objet commercial» qui ne peut être cédé qu'en contrepartie d'une valeur financière, citant le cas de manuscrits vendus, heureusement, à des Algériens qui les conservent au pays.
Le laboratoire œuvre à convaincre les propriétaires de ces trésors pour leur permettre, du moins, d'en faire des copies électroniques à travers un scanner sophistiqué dont il s'est doté. Les manuscrits authentifiés sont reproduits dans des ouvrages et la publication périodique intitulée «Revue algérienne des manuscrits» éditée par le laboratoire. Dans le domaine de la coopération et de la recherche scientifique, le laboratoire de civilisation musulmane d'Afrique du Nord entretient des relations avec la société privée «Djoumaa El Majid» de Dubai (Emirats arabes unis) et l’université espagnole «Autonoma» spécialisée en culture populaire, qui devra signer une convention avec l’université d’Oran facilitant l'accès aux manuscrits arabo-musulmans et autres, a fait savoir le responsable du laboratoire.
APS