Accueil Culture Célébrades, des haïkus en hommage à la carrière de Brigitte Bardot

Célébrades, des haïkus en hommage à la carrière de Brigitte Bardot

Le recueil de poésie des « Célébrades » a été écrit, pensé et imaginé par Bernard Anton Ph.D, l’écrivain prolifique est déjà l’auteur d’une cinquantaine de livres. Reconnu dans la communauté québécoise par ses paires comme un humaniste engagé, il exploite la richesse de sa pensée aux multiples talents, au service de la poésie. Le fondateur du prix « Mur de l’espoir » consacré aux haïkus compose et arrange ici une fresque authentique, composée de nombreux « éclats poétiques » d’inspirations diverses, qui se rejoignent toutes sous la forme d’une observation de la brièveté de la vie. Et pourtant, paradoxalement, l’auteur va célébrer l’immortelle muse Brigitte Bardot : elle seule semble intouchable, plus forte que les éléments autour d’elle.

La première partie du livre s’oriente dans le sens de l’éloge : Brigitte Bardot, la célèbre artiste relayée au rang d’icône engagée est aujourd’hui mêlée à de nombreuses controverses, notamment pour son profil politique. Cependant, l’auteur ne cherche pas à faire taire la rumeur ou à se rallier aux idéaux actuels de Brigitte Bardot. Selon lui, et au travers de ce recueil poétique, l’on découvre surtout l’image mythique d’une femme passionnée. C’est bien en ce sens que Bernard Anton entend ouvrir son recueil des « Célébrades » : « pour célébrer l’éternelle Brigitte Bardot », élevée au rang de « déesse intronisée/souffle de la république/fraîcheur inégalée ». Celle qu’on a prise pour exemple et inspiration pour incarner la Marianne française. Dans ce livre, le poète place Brigitte Bardot en libératrice des animaux.

De nombreux noms de créatures sont cités, la plaçant au centre d’une gigantesque ménagerie dont elle aurait la charge de sauver chaque représentant du règne animal. Dans cette partie de « Célébrades », l’ouverture se veut suffisamment percutante, afin d’emporter le lecteur dans le reste du recueil. Elle soulève les principaux sujets de prédilection de l’auteur, mais également les moteurs de cet ouvrage : les saisons qui s’enchaînent : la beauté et la mort qui les composent, l’amour et la passion qui s’embrase : qui défait et construit autour de lui, les petites choses du quotidien et de la vie de tous les jours ainsi que le mouvement, grâce à un final entièrement dédié aux voyages.

L’auteur propulse le lecteur ou la lectrice dans une Europe riche en paysages : Suisse, Toscane italienne, on retrouve un peu d’exotisme dans le quotidien urbain, avec des personnes d’origine étrangère, qui apportent avec elles leur culture.

Penser à la poésie est souvent synonyme d’amour ou de déclaration : écrire un poème d’amour, c’est se révéler et exprimer l’intimité infinie d’un sentiment propre à chacun. Dans ses « amourades », l’auteur s’exprime avec espièglerie au sujet de ses amours de jeunesse, qui comme la beauté de Bardot restent intacts. Afin d’honorer la forme du haïku, le poète n’évoque pas uniquement sa romance, mais aussi celles et ceux de son entourage, dans leur apparence sans artifice : « disputes de couple/elle jure de le renier — impossible rupture ».

En guise de transition, les « Naturades » permettent d’établir un pont avec les « Quotidienades ». Au cours de cette partie, on comprend plus que jamais que ces « Célébrades » de Bernard Anton correspondent à un discours engagé tout en finesse. Ici, l’auteur a fait le choix de ne pas exposer la violence qui découle de la situation catastrophique mondiale, par rapport au bilan écologique.

Est-ce que l’humanité se relèvera de son exubérance et de ses excès ? À la manière d’un marin à la dérive, en proie aux vagues agressives dans la tempête, Anton se sent dépassé par les éléments de notre nouveau quotidien : « Déforestation — arbres artificiels pour/capturer le CO2 ». Les « Quotidienades » s’axe principalement sur l’existence des humains dans un milieu urbain : de nombreuses professions y sont citées : « médecin », « serveur »… Cela permet d’englober tout le monde, et d’emporter le lectorat également dans ce bilan de la vie. Les silhouettes éphémères décrites dans le recueil se dirigent vers une mort qu’elles ne semblent pas appréhender. Le ton ironique du recueil lui donne une saveur épicée et piquante, légèrement sarcastique. À la manière d’une fenêtre, ouverte sur le monde, ce livre de 73 pages s’achève par une « invitation au voyage » et s’achève par ce haïku : « étrangers toujours — mais le soleil ne connaît/aucun étranger ».

Bernard Anton insuffle de sa personne dans cet ouvrage intimiste inspiré et contemplatif. Il existe de l’espoir dans cette nature insoumise, que l’humanité cherche à asservir. L’auteur qui célèbre la toute-puissance de la nature et de la Terre, même de la mort, considère que c’est bien le cycle naturel qui aura le dernier mot sur la folie des humains. Chaque haïku incarne une idée et une scène. En ce sens, le pari du poète derrière les mots est réussi, puisque c’est là le but de la forme brève et sans artifice du haïku : un ouvrage organique, qui présente différentes situations qui se complètent les unes avec les autres.

Le site du livre :  https://celebrades.fr/

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