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Musique enregistrée en France : le marché franchit le milliard, porté par le vinyle et le streaming

par Pauline Blanchard
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Platine vinyle et application de streaming musical

Le marché de la musique enregistrée en France ne connaît pas la crise. En 2025, il a dépassé pour la deuxième année consécutive la barre symbolique du milliard d’euros, atteignant 1,071 milliard d’euros de chiffre d’affaires, en hausse de 3,9 %. Un résultat qui vient clôturer une décennie de croissance ininterrompue, portée par un trio de moteurs que l’on n’attendait pas forcément ensemble : le streaming, le vinyle et l’export.

Une dixième année de croissance, tirée par le physique

La surprise de ce bilan ne vient pas du numérique, désormais installé, mais du grand retour des supports physiques. Le marché physique signe sa meilleure performance en vingt-cinq ans (hors rebond post-Covid), avec un chiffre d’affaires en progression de 5 % qui repasse au-dessus des 205 millions d’euros. Derrière ce sursaut, un objet que l’on croyait condamné : le disque vinyle.

Les ventes de vinyles ont bondi de près de 15 % pour atteindre 113 millions d’euros. À lui seul, le microsillon représente environ un tiers de la hausse totale du marché. Fait marquant, symbole d’un basculement culturel : le vinyle dépasse désormais le CD en valeur, une première depuis les années 1980. Le support préféré des baby-boomers est redevenu celui d’une partie de la génération streaming.

Le streaming reste la colonne vertébrale

Ce retour du physique ne doit pas masquer la réalité des usages quotidiens. Le streaming demeure de très loin la première source de revenus de la filière, avec environ 702 millions d’euros, dont l’essentiel provient des abonnements audio premium. La nouveauté tient plutôt à la vitalité du streaming financé par la publicité, en nette progression sur le versant audio.

Autrement dit, deux logiques cohabitent sans se cannibaliser. D’un côté, une consommation dématérialisée, massive et instantanée. De l’autre, un désir d’objet, de pochette et de rituel d’écoute qui pousse les auditeurs à réinvestir dans le tangible. Cette complémentarité est l’un des enseignements majeurs de l’année.

L’export, moteur discret mais stratégique

Troisième pilier, souvent sous-estimé : le rayonnement de la production française à l’international. En 2025, les productions hexagonales ont généré 148 millions d’euros de chiffre d’affaires à l’export. Un chiffre qui confirme que la scène française — de la variété à l’électronique — trouve un public bien au-delà des frontières, et constitue un relais de croissance stratégique pour les labels.

Ce que ce bilan révèle des usages

Plusieurs idées reçues volent en éclat. Non, le physique n’est pas mort : il redevient un marché de valeur, porté par la collection et le cadeau. Non, le numérique n’a pas tout uniformisé : le vinyle prospère précisément parce qu’il propose l’inverse de la playlist infinie. Pour le public, quelques repères concrets se dégagent :

  • Le vinyle devient un objet de valeur autant que d’écoute, dont les prix restent élevés.
  • Le streaming gratuit gagne du terrain, ce qui élargit l’audience mais interroge la rémunération des artistes.
  • La diversité des formats profite surtout aux catalogues et aux rééditions.

Reste une question de fond pour la filière : cette croissance en valeur bénéficie-t-elle équitablement aux créateurs ? Le débat sur le partage de la valeur, notamment à l’heure de l’intelligence artificielle, reste entier. Pour en suivre les prolongements, notre rubrique Culture et notre rubrique Numérique décryptent régulièrement ces mutations, tandis que la rubrique Économie analyse les modèles de rémunération.

Questions fréquentes

Le vinyle a-t-il vraiment dépassé le CD en France ?

Oui, en valeur. En 2025, le vinyle atteint environ 113 millions d’euros de chiffre d’affaires et repasse devant le CD pour la première fois depuis les années 1980, selon le bilan annuel de référence de la filière.

Le streaming est-il toujours la première source de revenus ?

Oui. Avec près de 702 millions d’euros, le streaming reste de loin le premier contributeur au chiffre d’affaires du marché français, largement porté par les abonnements payants.

La musique française s’exporte-t-elle bien ?

Les productions françaises ont généré environ 148 millions d’euros à l’export en 2025, un niveau qui confirme l’attractivité internationale de la scène nationale, de la chanson à l’électronique.

Sources

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