Un plan national de lutte contre le frelon asiatique à pattes jaunes a été officiellement adopté en France par un arrêté interministériel publié le mercredi 16 septembre 2026 au Journal officiel. Ce texte, signé par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard et le ministre délégué chargé de la Transition écologique Mathieu Lefèvre, vise à mieux coordonner sur tout le territoire la surveillance, le piégeage et la destruction des nids de cette espèce invasive qui menace les colonies d’abeilles et la filière apicole française.
Une espèce installée depuis plus de vingt ans
Le frelon asiatique à pattes jaunes (Vespa velutina nigrithorax) est une espèce exotique envahissante originaire d’Asie du Sud-Est. Introduit accidentellement en France en 2004 dans le Lot-et-Garonne, l’insecte a depuis colonisé l’ensemble des départements métropolitains. Grand prédateur d’hyménoptères, il s’attaque particulièrement aux abeilles domestiques, dont il intercepte les ouvrières directement devant les ruches, fragilisant des colonies déjà mises à mal par d’autres pressions sanitaires.
Ce n’est pas la seule espèce de frelon qui inquiète les autorités : le frelon oriental (Vespa orientalis), détecté pour la première fois en France à Marseille en 2021, poursuit lui aussi son implantation dans le sud-est du pays, avec plusieurs nids repérés et détruits ces dernières années. Le nouveau plan national se concentre toutefois sur l’espèce la plus répandue et la plus documentée, le frelon à pattes jaunes.
Ce que prévoit le plan national
Prévu par la loi du 14 mars 2025 visant à enrayer la prolifération du frelon asiatique et à préserver la filière apicole, le plan a pour objectif affiché de « renforcer et coordonner la lutte sur l’ensemble du territoire ». Sa mise en œuvre opérationnelle doit désormais mobiliser plusieurs échelons : services de l’État, collectivités locales, groupements de défense sanitaire apicole et particuliers, appelés à signaler la présence de nids repérés sur leur propriété.
- Un cadre commun de surveillance et de signalement des nids sur tout le territoire métropolitain
- Une coordination renforcée entre acteurs publics et apiculteurs pour organiser piégeage et destruction
- Un ancrage réglementaire, via arrêté interministériel, qui doit donner une portée nationale à des initiatives jusque-là surtout locales ou départementales
Cette officialisation intervient après plusieurs années de mobilisation du secteur apicole, régulièrement confronté à des pertes de colonies attribuées en partie à la pression exercée par le frelon asiatique, en complément d’autres facteurs comme le varroa ou les pesticides.
Pourquoi cette réglementation concerne aussi le grand public
Au-delà des apiculteurs, la lutte contre le frelon asiatique concerne tous les habitants des zones concernées : les nids, souvent installés en hauteur dans les arbres mais parfois aussi dans des cavités de bâtiments, doivent être signalés puis détruits par des professionnels habilités, jamais par des particuliers, en raison du risque de piqûres. Le renforcement de la coordination territoriale doit notamment faciliter l’identification des professionnels agréés et la prise en charge des signalements, un point souvent identifié comme un frein par les élus locaux confrontés à des demandes d’habitants.
Plus largement, ce plan s’inscrit dans une préoccupation croissante pour la protection de la biodiversité et des espèces indigènes face aux espèces exotiques envahissantes, qu’il s’agisse de la faune, comme le rappellent les récents classements d’espèces protégées tels que le lagopède alpin et le grand tétras, ou le retour d’espèces comme la loutre d’Europe dans les rivières françaises. Retrouvez davantage d’actualités sur la faune française dans notre rubrique Animaux.
Pour l’heure, les autorités n’ont pas communiqué de calendrier détaillé de déploiement ni de budget chiffré associé au plan. Les prochaines campagnes de piégeage de printemps, période où les reines fondatrices sortent d’hibernation, constitueront un premier test grandeur nature de cette coordination renforcée. La rubrique faune et biodiversité d’Infosoir continuera de suivre ce dossier.
Questions fréquentes
Le frelon asiatique est-il dangereux pour l’homme ?
Comme d’autres hyménoptères, sa piqûre peut être douloureuse et provoquer une réaction allergique chez les personnes sensibles, en particulier en cas de piqûres multiples près d’un nid dérangé. C’est pourquoi la destruction des nids doit être confiée à des professionnels équipés, et jamais tentée par un particulier.
Que faire si l’on repère un nid de frelon asiatique ?
Il est recommandé de ne pas s’en approcher ni tenter de le détruire soi-même, et de signaler sa localisation aux autorités locales ou à un groupement de défense sanitaire apicole, qui orientera vers une entreprise de désinsectisation habilitée.
Le plan national va-t-il faire disparaître le frelon asiatique ?
Non : l’espèce est aujourd’hui considérée comme durablement installée sur le territoire métropolitain. L’objectif affiché du plan est de mieux coordonner la surveillance et la destruction des nids pour limiter son impact sur les colonies d’abeilles, plutôt que d’éradiquer l’espèce.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale