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Baromètre Starfish 2026 : l’état de l’océan se dégrade malgré le traité haute mer

par Laurent
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Océan vu du dessus, illustration baromètre Starfish 2026

Présenté à l’occasion d’un forum international consacré à l’exploration et à la protection des océans, le baromètre Starfish 2026 dresse un constat alarmant. Pour sa deuxième édition, cet indicateur synthétique élaboré par Mercator Ocean International confirme que la dégradation de l’océan s’accélère, malgré quelques avancées notables en matière de protection des aires marines. Le diagnostic, publié le 7 juin 2026, intervient un an après l’adoption à Nice du Plan d’action des Nations unies pour l’océan.

Un indicateur mondial fondé sur 29 chercheurs et 14 pays

Créé en 2025 à l’occasion de la troisième Conférence des Nations unies sur les océans (UNOC3), le baromètre Starfish est conçu comme un bulletin annuel destiné au grand public. Il est piloté par Mercator Ocean International, organisation intergouvernementale basée à Toulouse et reconnue comme centre opérationnel européen de prévision océanique.

Cette deuxième livraison est le fruit du travail de 29 chercheurs issus de 14 pays, qui agrègent une quinzaine d’indicateurs portant sur le climat, la biodiversité, la pollution, les ressources halieutiques et la gouvernance. Comme le rappelle Marina Lévy, chercheuse au CNRS associée au projet, « les pressions que nous exerçons sur l’océan ne cessent de s’intensifier, et l’état de l’océan se détériore par rapport à l’année dernière ».

Réchauffement, biodiversité, acidification : les voyants au rouge

Le bulletin met en avant plusieurs phénomènes concomitants. Le réchauffement des eaux de surface s’inscrit dans la durée et entraîne un déplacement des espèces ainsi qu’une perte de productivité dans certaines zones. La désoxygénation progresse, l’acidification continue de gagner du terrain et le niveau marin poursuit sa hausse, sous l’effet de la dilatation thermique et de la fonte des glaces.

Côté biodiversité, le constat est tout aussi préoccupant : populations de poissons sous pression, blanchissements récurrents des récifs coralliens et raréfaction de plusieurs prédateurs supérieurs. Les chercheurs notent que ces signaux s’amplifient malgré la multiplication des engagements politiques pris ces dernières années.

  • Température de surface : tendance à la hausse, avec des épisodes de vagues de chaleur marines de plus en plus fréquents.
  • Acidification : le pH moyen de l’océan continue de baisser, ce qui fragilise les organismes calcaires.
  • Niveau marin : hausse confirmée, particulièrement sensible pour les littoraux et les États insulaires.
  • Biodiversité : populations marines en recul dans plusieurs régions, notamment en zones côtières.

Un traité haute mer entré en vigueur, mais des effets différés

L’année 2026 marque pourtant une étape institutionnelle majeure : le traité de protection de la haute mer (BBNJ) est entré en vigueur en janvier après avoir réuni le nombre requis de ratifications. Ce texte, négocié pendant plus de quinze ans sous l’égide des Nations unies, doit permettre la création d’aires marines protégées au-delà des juridictions nationales, qui couvrent près des deux tiers de la surface des océans.

Les auteurs du baromètre soulignent toutefois que les effets concrets de ce traité ne sont pas encore mesurables. Selon eux, le rythme actuel des pressions humaines, qu’il s’agisse de la pêche, du transport maritime, des pollutions plastiques ou des émissions de gaz à effet de serre, dépasse la dynamique des mesures de protection mises en place.

Une mobilisation scientifique relayée par les institutions

La publication intervient dans un calendrier politique chargé. La troisième Conférence des Nations unies sur les océans, qui s’est tenue à Nice du 9 au 13 juin 2025, avait débouché sur l’adoption du Plan d’action de Nice et plus de 800 engagements volontaires de la part d’États, d’organisations internationales, de scientifiques et de représentants de la société civile.

Mercator Ocean International rappelle que son rôle est avant tout de fournir une information scientifique vérifiée, accessible aux décideurs comme au grand public. La trajectoire actuelle reste compatible avec un redressement, à condition que les mesures de protection soient appliquées rapidement et que les pressions principales, en particulier liées au changement climatique, soient réduites à la source.

Sources officielles

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