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Défaillances d’entreprises : pourquoi la crise frappe plus durement les TPE

par Jasmine Mebrouk
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Petit commerce fermé illustrant les défaillances d'entreprises TPE en France

Derrière les indicateurs macroéconomiques rassurants, une réalité plus dure se dessine pour les plus petites structures. Au deuxième trimestre 2026, 17 486 défaillances d’entreprises ont été enregistrées en France, soit une hausse de 5,4 % sur un an selon les données d’Altares. Et ce sont, une fois de plus, les très petites entreprises qui encaissent le plus gros de la casse.

Les microentreprises en première ligne

Sur les 17 486 procédures ouvertes au deuxième trimestre, les entreprises de moins de 3 salariés représentent à elles seules 13 185 défaillances, soit environ 75 % du total, avec une progression de 8,3 % sur un an. À l’inverse, les PME classiques (3 à 19 salariés) affichent un recul de 3,3 % de leurs défaillances, preuve que la crise ne touche pas tout le monde de la même façon : plus une structure est petite et jeune, plus elle est fragile face aux tensions de trésorerie.

Les jeunes entreprises, de moins de trois ans d’existence, sont particulièrement exposées : 2 248 défaillances ont été recensées dans cette catégorie, en hausse de 12,7 % sur un an. Un chiffre qui interroge sur la solidité des structures créées lors du récent boom entrepreneurial.

Des secteurs très inégalement touchés

La photographie sectorielle montre de fortes disparités :

  • Promotion immobilière : +87,8 % de défaillances, secteur le plus durement frappé.
  • Automobile (entretien-réparation) : +28 %, un secteur pourtant considéré comme peu cyclique.
  • Services aux entreprises : +13,9 %, confirmant une tendance de fond déjà observée les trimestres précédents.

Fait notable : malgré la hausse du nombre de défaillances, le nombre de salariés menacés recule de 9,5 % pour atteindre 58 830 personnes. Un paradoxe qui s’explique simplement par la taille réduite des structures concernées : plus les entreprises qui tombent sont petites, moins elles emploient de salariés à chaque procédure.

Liquidation directe : le signe d’une trésorerie à sec

Autre indicateur préoccupant relevé par Altares : les liquidations judiciaires directes, sans tentative de redressement, représentent 66,3 % des procédures du trimestre. Concrètement, deux tiers des entreprises concernées n’ont même pas la trésorerie ou la structure suffisante pour tenter un plan de continuation : la défaillance se traduit directement par un arrêt d’activité.

Pour les dirigeants de TPE, cette donnée rappelle l’importance d’anticiper les difficultés de trésorerie en amont, avant que les marges de manœuvre ne disparaissent complètement. Nos rubriques Entreprise et Économie reviennent régulièrement sur les dispositifs d’accompagnement disponibles pour les structures en tension.

Questions fréquentes

Combien d’entreprises ont fait défaut au deuxième trimestre 2026 en France ?

17 486 procédures de défaillance ont été ouvertes, soit une hausse de 5,4 % par rapport au deuxième trimestre 2025, selon les chiffres d’Altares.

Quelles entreprises sont les plus touchées ?

Les microentreprises de moins de 3 salariés concentrent environ 75 % des défaillances du trimestre, avec une hausse de 8,3 % sur un an, tandis que les PME de 3 à 19 salariés voient leurs défaillances reculer de 3,3 %.

Pourquoi le nombre de salariés menacés baisse-t-il malgré la hausse des défaillances ?

Parce que ce sont majoritairement de très petites structures qui font défaut : elles emploient peu de salariés, ce qui explique un recul de 9,5 % du nombre total d'emplois menacés, à 58 830 personnes, malgré la hausse du nombre de procédures.

Sources

Altares
Économie Matin
L’Echommerces

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