Le paysage du streaming en France entre dans une nouvelle phase de régulation. L’Arcom, l’autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, impose désormais aux grandes plateformes de vidéo à la demande des obligations d’investissement records dans la production française et européenne, avec des montants qui atteignent des niveaux inédits pour certains acteurs comme Amazon Prime Video.
Un quota renforcé pour toutes les plateformes de SVOD
Depuis plusieurs années, les services de vidéo à la demande par abonnement opérant en France sont soumis à une obligation de financement de la production française et européenne. Le principe : reverser un pourcentage du chiffre d’affaires généré dans le pays vers la production de contenus locaux. En 2026, ce taux atteint 20 % du chiffre d’affaires français pour des plateformes comme Netflix ou Disney+, avec une exigence supplémentaire : au moins 80 % de ces sommes doivent financer des œuvres indépendantes, c’est-à-dire non produites par les plateformes elles-mêmes.
Amazon Prime Video, exemple le plus spectaculaire
C’est le cas d’Amazon Prime Video qui illustre le mieux cette montée en puissance réglementaire. Le 7 mai 2026, l’Arcom a annoncé qu’un accord portait l’obligation d’investissement de la plateforme à un minimum de 90 millions d’euros dans les productions de langue française, contre 40 millions d’euros par an fixés lors du précédent accord de 2021. Ce montant pourrait même grimper jusqu’à 110 millions d’euros si Amazon choisit de diffuser des films sur sa plateforme moins de douze mois après leur sortie en salles, un scénario encadré par la chronologie des médias française. Amazon Prime Video revendique environ 12 millions d’abonnés dans le pays, une base qui justifie, aux yeux du régulateur, ce niveau d’engagement financier.
Des conventions différenciées selon les plateformes
Toutes les plateformes ne sont pas logées à la même enseigne. Disney+, Apple TV+ et Crunchyroll ont signé leurs conventions avec l’Arcom dès janvier 2025. Disney+ a notamment obtenu une fenêtre de diffusion réduite à neuf mois après la sortie en salles d’un film, en contrepartie d’un engagement à investir 25 % de ses revenus français dans la production locale. Ce jeu d’équilibre entre délai de diffusion et niveau d’investissement devient la norme des négociations entre le régulateur et les géants américains du numérique.
Pourquoi cela change la donne pour le secteur
- Pour les producteurs indépendants : davantage de financements potentiels, avec un plancher de 80 % de commandes hors plateformes.
- Pour les plateformes : un coût d’entrée sur le marché français plus élevé, proportionnel à leur base d’abonnés.
- Pour les spectateurs : un accès potentiellement plus rapide à certains films en streaming, si les plateformes acceptent de raccourcir le délai post-sortie salle contre davantage d’investissement.
- Pour la culture française : un mécanisme de financement pérenne, indexé sur la croissance réelle des plateformes dans le pays.
Cette trajectoire réglementaire, engagée depuis l’entrée en application du décret SMAD, confirme la volonté de l’Arcom de faire des plateformes étrangères des contributeurs à part entière du financement de la création française, au même titre que les diffuseurs historiques.
Questions fréquentes
Combien Amazon Prime Video doit-il investir dans la production française ?
Au moins 90 millions d’euros d’ici 2026, un montant qui peut atteindre 110 millions d’euros si la plateforme réduit le délai de diffusion des films après leur sortie en salles.
Quel pourcentage de leurs revenus les plateformes de streaming doivent-elles investir en France ?
Les principales plateformes de SVOD doivent consacrer environ 20 % de leur chiffre d’affaires français à la production de contenus français et européens, dont 80 % dans des œuvres indépendantes.
Toutes les plateformes ont-elles les mêmes obligations envers l’Arcom ?
Non, les conventions sont négociées individuellement : Disney+ a par exemple obtenu un délai de diffusion réduit à neuf mois en contrepartie d’un investissement de 25 % de ses revenus français.
Sources
TechInAfrica.fr —
Jean-Marc Morandini —
Clak Prod
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale