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Comment sont calculées les certifications musicales or, platine et diamant à l’ère du streaming

par Pauline Blanchard
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Trophée doré de certification musicale et disque vinyle symbolisant les certifications or, platine et diamant à l'ère du streaming

Un single vendu ne veut plus dire grand-chose à l’heure du streaming : c’est le constat que fait la RTBF dans une enquête publiée le 11 août 2026 sur le mode de calcul des certifications musicales or, platine et diamant. Derrière ces trophées hérités du disque physique se cache aujourd’hui une mécanique d’équivalences complexe, fondée sur le nombre d’écoutes. Décryptage.

Le principe : convertir les streams en ventes

En France, c’est le Syndicat national de l’édition phonographique (SNEP) qui délivre les certifications. La règle de base est simple sur le papier : 1 500 streams équivalent à une vente. Pour un album, un correctif est appliqué afin qu’un unique tube ne fausse pas le résultat global : la moitié des écoutes du titre le plus streamé est retirée du calcul, pour mieux refléter la consommation de l’ensemble du projet plutôt que celle d’un seul morceau viral.

Des seuils différents pour les singles et les albums

Pour un single, les seuils sont fixés directement en nombre de streams cumulés : 15 millions pour l’or, 30 millions pour le platine et 50 millions pour le diamant. Pour un album, les seuils s’expriment en ventes équivalentes : 100 000 pour l’or (soit environ 150 millions de streams cumulés), 500 000 pour le platine et 1 million pour le diamant.

Le cas des écoutes gratuites

Toutes les écoutes ne pèsent pas le même poids dans le calcul. Les streams réalisés via un abonnement payant (premium) comptent à 100 %. Depuis le 1er juillet 2024, les écoutes réalisées en version gratuite, financée par la publicité, sont elles aussi prises en compte, mais avec une pondération beaucoup plus faible : il faut 7 streams « freemium » pour équivaloir à 1 stream premium. Cette distinction vise à refléter la valeur économique réelle de chaque type d’écoute pour l’industrie musique.

Un exemple concret

L’enquête de la RTBF illustre ce système avec l’artiste belge Héléna : son single « Mauvais garçon » a atteint la certification diamant avec 65 millions d’écoutes sur Spotify, tandis que son premier album, cumulant 160 millions de streams, a été certifié platine — soit l’équivalent d’environ 103 000 ventes physiques. De quoi mesurer le chemin parcouru depuis l’époque où seul le nombre de disques vendus en magasin comptait.

Questions fréquentes

Qui délivre les certifications musicales en France ?

C’est le SNEP (Syndicat national de l’édition phonographique) qui attribue les certifications or, platine et diamant, en s’appuyant sur les données de streams et de ventes transmises par les plateformes et distributeurs.

Pourquoi retire-t-on la moitié des streams du titre le plus écouté d’un album ?

Ce correctif évite qu’un seul morceau très populaire ne fasse artificiellement certifier tout un album, en donnant une image plus fidèle de l’écoute de l’ensemble du projet.

Les écoutes gratuites comptent-elles autant que les écoutes payantes ?

Non : depuis juillet 2024, il faut 7 streams en version gratuite pour équivaloir à 1 stream réalisé via un abonnement payant.

Sources

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