Le nombre de défaillances d’entreprises en France continue de grimper. Selon les données publiées par le cabinet spécialisé Altares, 17 486 procédures collectives ont été ouvertes au deuxième trimestre 2026, soit une hausse de 5,4 % sur un an. Ce niveau reste environ 40 % supérieur à celui observé avant la crise sanitaire, lorsque le compteur trimestriel tournait autour de 13 000 dossiers.
Les très petites entreprises particulièrement exposées
La photographie du deuxième trimestre confirme une tendance déjà observée en début d’année : ce sont les structures les plus fragiles qui trinquent en premier. Les entreprises de moins de trois salariés concentrent à elles seules 13 185 défaillances, soit 75 % du total et une progression de 8,3 % sur un an. À l’inverse, les entreprises de 3 à 19 salariés affichent un léger recul de 3,3 %, signe que la pression se relâche quelque peu sur les PME plus structurées.
- 66,3 % des procédures se soldent par une liquidation judiciaire directe (11 591 jugements)
- 31,7 % correspondent à des redressements judiciaires (5 546 procédures)
- Les jeunes entreprises de moins de trois ans affichent la plus forte progression, avec +12,7 % de défaillances
Des secteurs très inégalement touchés
Certains pans de l’économie sont particulièrement exposés ce trimestre. La promotion immobilière enregistre un bond spectaculaire de 87,8 % des défaillances, tandis que les services aux entreprises progressent de 13,9 %. Le commerce automobile affiche également une nette dégradation, de même que le secteur de la librairie, en hausse de 58 %. Sur un trimestre glissant plus large, la restauration reste elle aussi sous tension, tout comme certains segments du commerce de détail et de l’habillement, où la reprise entamée en 2025 s’est en partie essoufflée.
Un baromètre publié par Bpifrance Le Lab et Rexecode apporte un éclairage complémentaire sur le ressenti des dirigeants : 62 % des patrons de TPE-PME interrogés déclarent subir un impact négatif du contexte géopolitique international, notamment via la hausse des coûts de trésorerie et la dégradation de leurs résultats. Les analystes pointent également l’allongement des délais de livraison et le renchérissement des approvisionnements comme facteurs aggravants.
Des conséquences sociales à surveiller
Fait notable, le nombre de salariés directement menacés par ces procédures a reculé de 9,5 % au deuxième trimestre, à environ 58 830 personnes, un paradoxe qui s’explique par la très petite taille des structures concernées : plus une entreprise est petite, moins elle emploie de salariés à mettre en péril lors d’une liquidation. Les disparités régionales restent par ailleurs marquées, certains territoires comme la Bourgogne-Franche-Comté affichant une hausse à deux chiffres quand d’autres, comme la Corse, enregistrent au contraire un net recul.
Questions fréquentes
Combien d’entreprises ont fait faillite en France au deuxième trimestre 2026 ?
Selon Altares, 17 486 procédures collectives ont été ouvertes entre avril et juin 2026, en hausse de 5,4 % par rapport à la même période en 2025.
Quelles entreprises sont les plus touchées par les défaillances ?
Les très petites structures de moins de trois salariés sont les plus fragiles : elles représentent 75 % des défaillances enregistrées, avec une progression de 8,3 % sur un an.
Quels secteurs d’activité sont les plus fragilisés en ce moment ?
La promotion immobilière, les services aux entreprises, le commerce automobile et la librairie figurent parmi les secteurs affichant les plus fortes hausses de défaillances ce trimestre.
Ces chiffres illustrent la difficulté persistante que rencontrent les plus petites structures françaises pour traverser un contexte économique marqué par des tensions de trésorerie durables. Retrouvez d’autres analyses dans notre rubrique Business, ainsi que nos articles sur le secteur de la restauration et alimentation ou encore sur le commerce et la mode, également concernés par ces évolutions.
Sources
- Altares – Défaillances d’entreprises en France
- Économie Matin – 17 500 défaillances d’entreprises au T2 2026
- L’Échommerces – Défaillances d’entreprises, un nouveau record