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Crypto-actifs : le nouveau décret qui change tout sur la propriété et le nantissement

par Pauline Blanchard
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Illustration représentant la propriété et le nantissement des crypto-actifs suite au nouveau décret français

Un texte réglementaire discret mais lourd de conséquences vient clarifier une zone grise du droit français : le moment exact où l’on devient propriétaire d’un crypto-actif. Le décret n° 2026-420, entré en application au 1er juillet 2026, fixe pour la première fois les règles du transfert de propriété et ouvre la possibilité de mettre ses cryptomonnaies en garantie d’un prêt. Explications concrètes pour les détenteurs de bitcoin, d’ether ou d’autres actifs numériques.

Un flou juridique enfin comblé

Jusqu’ici, la loi française ne précisait pas clairement à quel instant la propriété d’un crypto-actif changeait de main : à l’émission de l’ordre, à sa validation sur la blockchain, ou à son inscription sur le compte de l’acheteur ? Le décret tranche : pour les actifs détenus directement sur une blockchain, la propriété est transférée dès que la transaction devient irréversible sur le réseau. Pour les cryptos conservées via une plateforme ou un prestataire, c’est l’inscription en compte chez le teneur de registre qui fait foi.

Cette clarification n’est pas anodine : elle renforce la protection juridique des détenteurs en cas de défaillance d’une plateforme d’échange, un scénario qui a déjà fait des dégâts par le passé sur le marché mondial des cryptoactifs.

Mettre ses cryptos en garantie d’un prêt

Deuxième nouveauté majeure : il devient possible de nantir ses crypto-actifs, c’est-à-dire de les proposer en garantie auprès d’une banque ou d’un créancier pour obtenir un financement. La déclaration de nantissement doit désormais préciser l’identité des parties, le montant de la créance garantie, la nature et la quantité des actifs concernés, ainsi que les références du compte ou de l’adresse de conservation.

En cas de défaut de paiement, le créancier pourra saisir la garantie selon une procédure légale définie. Le texte encadre également les smart contracts utilisés pour automatiser ces opérations : traçabilité, horodatage, conservation des données et identification du détenteur deviennent des conditions de validité juridique.

Ce que cela change concrètement

  • Une meilleure sécurité juridique en cas de litige ou de faillite d’une plateforme d’échange.
  • De nouvelles possibilités de financement pour les détenteurs de cryptos, via le nantissement.
  • Un alignement progressif du vocabulaire français sur celui du règlement européen MiCA, avec le remplacement du terme « actifs numériques » par « crypto-actifs ».

Ce décret s’inscrit dans un mouvement plus large de structuration juridique du secteur crypto en France, entre entrée en application de MiCA, ratification d’accords internationaux d’échange d’informations fiscales et propositions parlementaires sur la fiscalité. Pour les particuliers, le message est clair : le cadre légal se professionnalise, avec à la clé davantage de garanties, mais aussi davantage d’obligations pour les prestataires du secteur.

Questions fréquentes

À partir de quand suis-je légalement propriétaire de mes cryptomonnaies ?

Cela dépend du mode de détention : dès que la transaction est irréversible sur la blockchain si vous détenez vos actifs en direct, ou dès l’inscription en compte si vous passez par une plateforme.

Puis-je vraiment emprunter en mettant mes cryptos en garantie ?

Oui, le décret organise désormais ce nantissement auprès d’une banque ou d’un créancier, avec des règles précises sur la déclaration et la saisie en cas de défaut, dans le cadre du droit applicable aux actifs numériques.

Ce texte concerne-t-il aussi les plateformes d’échange ?

Oui : les prestataires doivent adapter leurs systèmes pour respecter les nouvelles règles de traçabilité et d’identification, dans un contexte plus large de régulation de l’économie numérique.

Sources

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