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Cryptomonnaies : ce que change la nouvelle liste des plateformes autorisées en Europe

par Pauline Blanchard
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Illustration d'une régulation européenne encadrant les cryptomonnaies

Depuis le 1er juillet 2026, le régime transitoire qui permettait aux plateformes crypto d’opérer en Europe sans agrément est terminé. Résultat concret pour les épargnants et les entreprises françaises : la liste des plateformes crypto autorisées en Europe vient d’être mise à jour, et elle redessine sérieusement le paysage du secteur, entre exclusions retentissantes et nouveaux entrants tricolores.

321 entreprises désormais agréées, dont quatre françaises

Le régulateur européen des marchés financiers (ESMA) a publié fin juillet sa quatrième mise à jour du registre des prestataires de services sur crypto-actifs (PSCA) autorisés au titre du règlement MiCA. Douze nouvelles entreprises ont rejoint la liste, portant le total à 321 sociétés agréées à l’échelle de l’Union européenne. Parmi les nouveaux venus figurent quatre entreprises françaises : Finary, Woorton, Blockchain Process Security et Shares Financial Assets, aux côtés de banques coopératives allemandes et d’acteurs espagnols du paiement.

Ce chiffre doit toutefois être relativisé : sur environ 1 200 entreprises crypto enregistrées avant l’entrée en vigueur du règlement, seules 210 environ ont obtenu l’agrément complet, soit à peine 17 % du total. La liste des entités non conformes recense de son côté 167 structures, qui n’ont plus le droit d’exercer légalement auprès des résidents européens.

L’USDT évincé, l’USDC en position de force

La conséquence la plus visible pour les utilisateurs concerne les stablecoins, ces cryptomonnaies indexées sur une devise comme l’euro ou le dollar. Faute d’agrément, l’USDT de Tether, pourtant le plus utilisé au monde, a été retiré des plateformes réglementées comme Coinbase, Kraken ou Crypto.com pour les utilisateurs européens. Tether a fait le choix de ne pas demander d’autorisation MiCA, son dirigeant Paolo Ardoino critiquant notamment l’obligation de détenir 60 % des réserves en dépôts bancaires européens.

À l’inverse, l’USDC et l’EURC émis par la société américaine Circle sortent renforcés de cette bascule réglementaire : ils comptent parmi les rares stablecoins majeurs à être pleinement conformes, et gagnent des parts de marché sur les plateformes agréées.

Ce que cela change concrètement

  • Les utilisateurs détenant de l’USDT sur une plateforme européenne agréée doivent vérifier sa disponibilité et, le cas échéant, l’échanger contre un actif conforme.
  • Choisir une plateforme figurant sur le registre officiel de l’ESMA devient le premier réflexe de prudence avant tout dépôt.
  • Les entreprises françaises du secteur, de plus en plus nombreuses à obtenir l’agrément, renforcent la crédibilité de l’écosystème national face aux acteurs internationaux.

Pour l’économie numérique française, cette clarification réglementaire est aussi un signal : elle distingue désormais nettement les acteurs sérieux, soumis à des contrôles de fonds propres et de gouvernance, des structures qui préfèrent quitter le marché européen plutôt que de s’y conformer. Plus d’informations sur les règles applicables aux entreprises sont à retrouver dans notre rubrique Économie, tandis que les évolutions technologiques du secteur sont suivies dans notre rubrique Numérique.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le règlement MiCA ?

MiCA (Markets in Crypto-Assets) est le cadre réglementaire européen encadrant les émetteurs de cryptomonnaies et les plateformes qui les commercialisent. Il impose des règles de transparence, de gouvernance et de réserves financières aux acteurs du secteur.

Pourquoi l’USDT a-t-il disparu des plateformes réglementées ?

Sa société émettrice, Tether, a choisi de ne pas solliciter l’agrément MiCA, notamment en raison des contraintes sur la composition de ses réserves. Les plateformes agréées ne peuvent donc plus le proposer aux résidents européens.

Comment savoir si une plateforme crypto est autorisée en Europe ?

L’ESMA publie et met à jour un registre public des prestataires de services sur crypto-actifs agréés au titre de MiCA, consultable sur son site officiel. Toute entreprise absente de cette liste opère hors du cadre légal européen.

Sources

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